L’IMA sous l’onde de choc Epstein

 L’IMA sous l’onde de choc Epstein

Capture d’écran du 3 février 2026 issue d’une vidéo publiée par le département de la Justice des États-Unis dans le cadre de l’enquête sur Jeffrey Epstein. On y voit Jack Lang, ancien ministre français de la Culture, posant avec Epstein devant la pyramide du Louvre à Paris. Jack Lang a démissionné de la présidence de l’Institut du monde arabe, qu’il occupait depuis 2013, en raison de ses liens avec Epstein, selon une lettre consultée par l’AFP le 7 février 2026. (Photo : US Department of Justice / AFP)

Après la démission de Jack Lang, dans le sillage des révélations des Epstein Files et de l’ouverture d’une enquête du Parquet national financier, l’Institut du monde arabe doit organiser sa succession. Un choix éminemment politique, à l’heure où son avenir se redessine.

 

Après le départ forcé de Jack Lang, samedi 7 février, dans un contexte d’intenses pressions médiatiques et politiques consécutives aux révélations des Epstein Files et à l’ouverture par le Parquet national financier d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée », un nouveau chapitre s’ouvre pour l’Institut du monde arabe (IMA), qu’il présidait depuis treize ans.

Selon le Quai d’Orsay, principale tutelle de l’IMA, un conseil d’administration extraordinaire, composé pour moitié de représentants français et pour moitié de membres désignés par la Ligue arabe, se réunira le 17 février afin d’organiser la transition. La question de la succession se pose donc avec acuité.

Les noms de Jean-Yves Le Drian, d’Afalula (l’agence française qui copilote le développement du site d’Al-Ula en Arabie saoudite) et d’Audrey Azoulay, ex-ministre de la Culture et ancienne directrice générale de l’Unesco, circulent pour assurer une présidence par intérim. Le politologue Gilles Kepel ainsi que le diplomate François Gouyette, ancien ambassadeur de France aux Émirats arabes unis, en Libye, en Tunisie, en Arabie saoudite et en Algérie, figurent également parmi les profils évoqués. En tout état de cause, le choix s’annonce hautement stratégique.

Sur Change.org, une pétition appelant à la nomination de Ghaleb Bencheikh a recueilli 582 signatures. « Mais l’islamologue n’est pas franco-français comme l’exigent les statuts de l’IMA, qui stipulent que le président est issu de France et le directeur général du monde arabe », souligne notre source.

D’aucuns regrettent par ailleurs que des intellectuels arabo-français ne figurent pas parmi les hypothèses discutées. Les noms d’Elias Sanbar, historien et ancien ambassadeur et délégué permanent de la Palestine auprès de l’UNESCO, ou de Farouk Mardam Bey, historien et éditeur franco-syrien, n’ont probablement aucune chance d’émerger, alors que leurs profils auraient pu incarner une continuité plus ancrée dans le champ culturel arabe.

Au-delà des personnes, c’est la refondation même de l’IMA, qui s’apprête à célébrer ses quarante ans, qui se joue : gouvernance, crédibilité, capacité à sortir d’un fonctionnement critiqué pour sa bureaucratie et ses réseaux d’influence. Plus qu’un nom, c’est une orientation qui sera choisie.