Confluences : Gestes et héritages partagés. Quand l’artisanat marocain dialogue avec l’Afrique

 Confluences : Gestes et héritages partagés. Quand l’artisanat marocain dialogue avec l’Afrique

Organisée en marge de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Maroc 2025), l’exposition invite à considérer l’artisanat comme une géographie vivante

Inaugurée mardi 6 janvier au Musée national de la parure à Rabat, l’exposition « Confluences : Gestes et héritages partagés » propose une plongée sensible au cœur des convergences culturelles entre le Maroc et le reste du continent africain.

Organisée dans le cadre de la 9ᵉ édition de la Semaine nationale de l’artisanat, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette exposition célèbre un patrimoine vivant, façonné par les circulations, les échanges et la transmission des savoir-faire.

Les matières comme langage universel

Initiée par le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, de l’Économie sociale et solidaire, en collaboration avec la Maison de l’Artisan et en partenariat avec la Fondation nationale des musées (FNM), l’exposition déploie un parcours muséographique structuré autour de cinq matières emblématiques : le métal, le cuir, le bois, la terre et le textile. Envisagées comme de véritables langages, ces matières révèlent des correspondances profondes entre les pratiques artisanales marocaines et celles d’autres régions d’Afrique.

Organisée en marge de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Maroc 2025), l’exposition invite à considérer l’artisanat comme une géographie vivante, marquée par les routes commerciales, les migrations et les rencontres humaines. Elle témoigne d’un patrimoine en perpétuel mouvement, qui n’a jamais cessé de voyager, de se transformer et de s’enrichir au fil du temps.

L’artisanat, vitrine culturelle de la CAN

S’exprimant lors de l’inauguration, le Secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Saadi, a souligné que cette exposition illustre pleinement la diversité et la richesse du patrimoine marocain authentique. Il s’est également félicité de la place accordée à l’artisanat dans les événements liés à la CAN, devenue une véritable vitrine du savoir-faire national, attirant un public nombreux, marocain comme international.

Pour sa part, le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, a mis en avant la dimension dialogique de l’exposition, qui donne à voir un langage vivant entre le Maroc et les autres cultures africaines. À travers les gestes des artisans, l’exposition raconte une histoire commune fondée sur l’échange, le partage et l’interaction culturelle, faisant de la culture et de la créativité, aux côtés du football, de puissants leviers de rapprochement entre les peuples.

Le caftan marocain, héritage et transmission

Le directeur général de la Maison de l’Artisan, Tarik Seddik, a pour sa part insisté sur la portée symbolique de l’exposition, qui illustre le lien du Maroc avec sa profondeur africaine. Il a également souligné l’importance accordée au caftan marocain, dont la reconnaissance en tant qu’élément emblématique de la culture et de l’histoire nationales a été confirmée. La transmission de cet héritage aux jeunes générations demeure, selon lui, un enjeu central pour assurer la pérennité de ce legs culturel et civilisationnel.

Un défilé pour raconter l’histoire par le fil

La cérémonie d’inauguration a été marquée par un défilé de caftans marocains, mettant en scène des créations où le fil et la broderie tissent des récits séculaires. À travers ces modèles, c’est toute l’ancienneté, l’authenticité et la créativité de ce patrimoine national qui ont été célébrées. L’exposition « Confluences : Gestes et héritages partagés » se poursuit jusqu’au 18 janvier, offrant au public local et étranger une invitation à redécouvrir l’artisanat comme mémoire partagée et langage commun de l’Afrique.

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