Economie.Sofia Heraif, shoppeuse en série

crédit photo : shopthedesigners

La créatrice de Shop The Designers, concept store en ligne, écume les réseaux sociaux en quête de créateurs émergents du Maroc ou d’ailleurs. Parcours d’une défricheuse qui a renoncé au salariat pour se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat

Mettre en lumière les jeunes créateurs du Royaume ou d’autres horizons, c’est dans cet objectif que Sofia Heraif, diplômée en Affaires internationales à l’EGC d’Angoulême, décide de lancer Shop The Designers, en 2015. A l’origine de cet e-concept store, il y a d’abord la passion de cette Casablancaise, devenue Parisienne, pour les vêtements de styliste dont elle garnit son dressing. Ainsi, après dix ans de salariat au sein du groupe Casino, puis chez Bolloré, elle se lance dans l’auto-entreprenariat en investissant quelque 5 000 euros pour acquérir une dizaine de pièces chez des étoiles montantes de la mode. Un stock renouvelé tous les mois avec de nouveaux noms qui apparaissent au gré de ses découvertes.

Sur son e-shop, qui reçoit une centaine de visites par jour, on trouve du prêt-à-porter, des accessoires de mode, de la déco, de la papeterie et des produits cosmétiques. Tous sont fabriqués dans le pays où vit leur créateur. Comment les choisit-elle ? “Ce sont en général des coups de cœur dénichés sur Instagram ou Pinterest”, explique cette “Mompreneuse” (maman entrepreneuse) de 37 ans. Ses best-sellers ? “Indéniablement, les tee-shirts de Yassine Morabite plaisent beaucoup”, reconnait-elle. Ils sont suivis de près par les bracelets en cordon avec khmissa de Zeste d’Orient.

Ces deux marques figuraient bien entendu parmi la vingtaine de griffes présentées lors du premier pop-up store Casa-Paris, lequel s’est tenu à Paris du 27 mars au 2 avril. “J’avais envie de montrer aux Parisiens qu’au Maroc on fabrique autre chose que des babouches et des paniers. La création contemporaine puise dans ce patrimoine pour le moderniser, comme Rhita Sebti qui a eu l’idée de babouches à plateforme”, s’enthousiasme-t-elle. Lors de cette première édition, on a pu notamment ­essayer les pièces intemporelles de Ghitta Laskrouif, lauréate de l’Openmymed Prize en 2016. Monter cette boutique éphémère n’a pas été une mince affaire. “Les créateurs sont doués pour imaginer, mais quand il s’agit de prévoir les stocks et d’envoyer la marchandise à temps, c’est une autre paire de manches…”, déplore Sofia Heraif. Sur les ventes, en ligne ou en boutique, elle prélève une commission de 20 %, le reste revient au styliste. La plupart des achats sont réalisés depuis la France et si le chiffre d’affaires croît régulièrement, il ne lui permet pas encore de vivre de son activité.

Dans ses tiroirs, de nombreux projets à court et long terme : lancer pour le ramadan des box (coffrets envoyés à domicile) incluant bijoux et produits cosmétiques, organiser un pop-up store mettant à l’honneur les designers de Dubaï, continuer à étoffer le portefeuille de créateurs… “Pour se démarquer, il faut innover sans cesse”, conclut-elle.

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