Entrepreneur des deux rives.Petit à petit, Copélican fait son nid

crédit photo : Copélican

Née fin 2016, la plateforme en ligne permet à des particuliers d’envoyer toutes sortes d’objets d’une ville à l’autre voire d’un pays à l’autre par l’intermédiaire d’un voyageur. Portrait de ses deux créatrices. 

“Tout le monde peut créer une entreprise, peu importe d’où l’on vient, les études que l’on a faites ou pas”, estiment les fondatrices de Copelican. Maâde Guettouche, Essonnienne, et Saliha Chekroun, qui a grandi à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), toutes deux âgées de 26 ans, se sont connues en classes préparatoires au lycée Saint-Louis à Paris. La première a ensuite intégré une école de commerce et la seconde une école d’ingénieur en informatique. Une fois leur diplôme en poche, elles ont travaillé dans un fonds d’investissement et des cabinets de conseil aux entreprises et sont passées par des start-up au Cambodge et à Londres avant de lancer Copelican en novembre 2016.

L’idée de cette plateforme collaborative, qui permet d’envoyer des colis grâce à des voyageurs et ainsi se rendre service entre particuliers, leur est venue d’un besoin personnel. “De par nos origines algériennes, nous avions souvent des médicaments, des documents ou autres objets à envoyer à nos familles en Algérie”, explique Maâde Guettouche. L’année suivante, leur petite entreprise, qui, contrairement aux gros transporteurs ne facture pas des sommes astronomiques, remporte la première édition de la StartUpper Academy, sorte de battle des start-up de banlieue. A la clé : une bourse de 10 000 euros assortie d’une intégration à l’incubateur Station F dans le XIIIearrondissement parisien.

Economique, écologique et sécurisé

Esprit collaboratif et d’entraide, empreinte écologique positive, telles sont les valeurs qui motivent nos deux startupeuses : “Le voyageur rentabilise son déplacement (l’expéditeur lui propose une récompense pouvant aller jusqu’à 500 euros qu’il reçoit une fois que l’objet transporté a été remis, ndlr) et contribue à réduire l’empreinte carbone en évitant un trajet à l’envoyeur qui, lui, expédie son objet en toute sécurité et à moindre frais.” Au départ, Copelican fonctionne à partir d’une page Facebook, mais au bout de deux semaines seulement la création d’un site internet dédié s’impose. A chaque fois qu’une transaction est réalisée, la start-up prélève une commission comprise entre 15 et 20 % en fonction de l’objet, de la destination et de l’assurance.

Hors des frontières hexagonales

Si les téléphones, lunettes et documents importants constituent le plus gros des envois, il arrive aussi que les “Pélicans” (nom donné aux convoyeurs), obligatoirement majeurs, acheminent des œuvres d’art, un chat, une guitare... et même un sextoy. Les deux entrepreneuses, qui collaborent avec une équipe en free-lance, ne souhaitent pas communiquer le nombre de colis transportés depuis la création mais précisent que leur plateforme s’est ouverte depuis début 2019 à l’international (Belgique, Royaume-Uni, Suisse, Italie et Maghreb).

Au moment de la rédaction de cet article, le site comportait une annonce pour envoyer une lampe de Paris à Lyon moyennant 12 euros, un passeport d’Avignon à Paris pour 8 euros et du pain arabe de Marseille à ­Genève pour 4 euros… 

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