Libye : Tunis accueille une réunion tripartite sur fond de réserves de Tripoli

La Tunisie abrite ce lundi 26 janvier 2026 une réunion du mécanisme dit de concertation tripartite consacrée à la situation en Libye, réunissant la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte. Alors que cette rencontre de haut niveau se tient en présence de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la Libye et cheffe de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), Hanna Tetteh, consolidant l’implication directe de l’ONU dans ce format de dialogue régional, Tripoli exprime déjà des réserves.
Selon un communiqué publié dimanche soir par le ministère tunisien des Affaires étrangères, à propos de cette concertation régionale élargie sous l’égide de l’ONU, la réunion rassemblera le chef de la diplomatie tunisienne, Mohamed Ali Nafti, son homologue algérien, Ahmed Attaf, ministre d’État et ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, ainsi que le ministre égyptien des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Égyptiens à l’étranger, Badr Abdelatty.
Soutenir le dialogue inter libyen via un règlement politique durable
Cette concertation vise principalement à évaluer les efforts conjoints déployés par les trois pays voisins, en coordination étroite avec la MANUL, pour accompagner le processus de dialogue interlibyen. Les discussions porteront également sur les leviers susceptibles de favoriser l’émergence d’un règlement politique consensuel et inclusif, garantissant la souveraineté et l’unité territoriale de la Libye.
Les participants examineront les moyens de répondre aux attentes du peuple libyen en matière de sécurité, de stabilité et de développement, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi dans une perspective régionale, dans un contexte préoccupant marqué par la persistance des divisions politiques et institutionnelles.
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Le ministère tunisien des Affaires étrangères souligne ainsi que cette réunion s’inscrit dans la volonté affirmée des dirigeants tunisien, algérien et égyptien d’intensifier la concertation et la coordination communes, afin de contribuer à l’avancement d’un règlement global et durable de la crise libyenne. Reste que le principal concerné brille par son absence. Est-ce là une politique délibérée de la chaise vide ?
Protestations de Tripoli
Toutefois, cette initiative régionale ne fait pas l’unanimité du côté libyen. Le ministère des Affaires étrangères du Gouvernement d’unité nationale a en effet clairement exprimé ses réserves quant à la tenue de réunions portant sur la Libye sans la participation directe des autorités libyennes. Dans un communiqué laconique diffusé en urgence, la diplomatie libyenne a d’ores et déjà insisté sur le fait que « toute concertation concernant l’avenir du pays doit se faire avec l’implication formelle de l’État libyen, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères ».
Tripoli a néanmoins réaffirmé son ouverture à tout effort régional ou international sincère visant à soutenir le processus politique, à condition que la souveraineté libyenne soit pleinement respectée. Une position qui illustre la sensibilité persistante autour des formats de médiation et des équilibres diplomatiques, au moment où la Libye demeure au cœur des préoccupations sécuritaires et politiques de ses voisins.
Depuis la mi-2025, le Gouvernement d’unité nationale dirigé par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, installé à Tripoli dans l’Ouest du pays, cherche par ailleurs un accord avec les États-Unis au sujet des fonds libyens gelés, révèle le site d’information panarabe Middle East Eye. Citant des sources proches du dossier, cette source explique que des négociations secrètes sont en cours entre Tripoli et l’administration Trump en vue du déblocage de 30 milliards de dollars gelés depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011.
Washington obtiendrait en contrepartie environ 10 milliards de dollars à réinvestir en Libye, notamment dans les infrastructures et le secteur de l’énergie. L’administration Dbeibah viserait, à travers son offre qui le rapprocherait de Trump, à isoler le maréchal Haftar, quitte à céder à la logique de coercition trumpiste.
