Migration. Sea Watch : les cagnottes de soutien au capitaine Rackete affolent les compteurs

L’arrestation de Carola Rackete, la capitaine du Sea Watch 3, a suscité un large élan de soutien à travers l’Europe. Les pétitions appelant à sa libération circulant sur le web se sont multipliées, alors que deux cagnottes ont été lancées pour soutenir la jeune femme et son organisation.

Samedi 29 juin, Carola Rackete a décidé de forcer le blocus imposé par les autorités italiennes pour accoster dans le port de l’île de Lampedusa après des semaines à errer en mer avec 42 naufragés à son bord. Après son accostage, la capitaine du navire de sauvetage en mer Sea Watch 3 a été arrêtée pour « résistance à un navire de guerre » et risque pour cela jusqu’à 10 ans de prison.

En effet, lors de sa manœuvre un bateau de la garde des finances « s’est glissé volontairement entre le bateau et le quai », estime l’ONG Sea Watch dans un communiqué. Les douaniers ont risqué de se faire écraser contre le quai au moment de l’accostage. Sa manœuvre n’était « pas un acte de violence, mais seulement de désobéissance » dans une situation désespérée, explique Carola Rackete.

Pour « aide à l’immigration clandestine », elle risque également une amende pouvant aller jusqu’à 50 000 euros. Le navire a quant à lui été placé sous séquestre par la justice italienne.

Élan de solidarité

Les images de la jeune femme placée en état d’arrestation ont rapidement suscité un tollé dans le milieu associatif et humanitaire. « Il y a quelque chose au-dessus des lois immorales promulguées par le ministère de l’Intérieur italien et de la lâcheté meurtrière de l’Union européenne. Au-dessus, il y a l’humanité et le respect des droits fondamentaux. Carola Rackete a fait le choix de l’humanité », a réagi la Ligue des droits de l’Homme.

« La théâtralisation et la dramatisation de cette opération de sauvetage, orchestrées par Matteo Salvini, lui permettent d’entériner en pratique son décret-loi “sécurité bis” (visant) à renforcer la criminalisation de la migration et des solidarités », a commenté le réseau militant Migreurop.

Carola Rackete a également reçu des soutiens de poids de la part des autorités de son pays. « Sauver des vies, ce n’est pas un crime. Ce n’est rien d’autre qu’un acte humanitaire, et il faut le traiter en tant que tel » a déclaré Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande, qui tente d’intercéder auprès de son homologue italien. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier est aussi sorti de sa réserve habituelle pour affirmer dans une interview à la télévision publique allemande ZDF que « quelqu’un qui sauve des vies ne peut être considéré comme criminel ».

Un rassemblement de soutien « contre la criminalisation des exilé-e-s et de leurs soutiens, l’humanité et les droits fondamentaux avant tout » a été lancé pour ce mercredi soir à Paris.

Dans la perspective du procès à venir, des soutiens de toute l’Europe se mobilisent. Deux cagnottes en ligne ouvertes pour aider à couvrir les frais de justice de Carola Rackete et de Sea Watch ont connu des démarrages spectaculaires. L’afflux de connexions a même paralysé le site de l’organisation. La cagnotte lancée sur Facebook a atteint près de 500 000 € mardi à la mi-journée, tandis que celle lancée sur Leetchi approche du million d’euros. Des chiffres à comparer avec le budget annuel de l’ONG qui avoisine les 2 millions d’euros.

Après plusieurs jours de négociation, la France, l’Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et la Finlande ont proposé d’accueillir la quarantaine de migrants secourus.

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