Politique. Convoquée par la justice, Marine Le Pen refuse un examen psychiatrique

Marine Le Pen s'est insurgée jeudi contre sa convocation à un examen psychiatrique ordonné par la justice, dans le cadre de l'instruction la visant pour avoir diffusé des photos d'exactions du groupe État islamique sur Twitter. Une expertise pourtant prévue par la loi.

« C'est proprement hallucinant. Ce régime commence vraiment à faire peur », a écrit sur son compte Twitter la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), qui a rendu elle-même publique cette mesure, en publiant l'ordonnance prévoyant cet examen. « Je croyais avoir eu droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daech par tweets, la “justice” me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu'où vont-ils aller ?! », a-t-elle ajouté.

Le parquet de Nanterre a rappelé que Mme Le Pen avait été mise en examen pour « diffusion de message violent susceptible d'être vu ou perçu par un mineur », un délit réprimé à l'article 227-24 du Code pénal. Pour ces infractions, la loi impose que les personnes poursuivies soient soumises à une expertise médicale - selon l'article 706-47-1 du code de procédure pénale.

Datée du 11 septembre, l'ordonnance demande de procéder à un examen psychiatrique de Marine Le Pen « dans les délais les plus brefs ». Cet examen vise notamment à vérifier « si elle est en mesure de comprendre les propos et de répondre aux questions » et si « l'infraction reprochée au sujet est en relation avec des éléments factuels ou biographiques de l'intéressé ».

« Je n’irai pas »

Dans les couloirs de l'Assemblée, la députée a affirmé qu'elle ne se rendrait pas à cette expertise. « Je n'irai pas bien entendu me soumettre à cette expertise psychiatrique et j'attends de voir comment le magistrat entend m'y contraindre », a-t-elle déclaré. « Dans les régimes totalitaires, c'est une des méthodes qui est utilisée contre les opposants. Les faire passer pour des fous » rappelle la députée du Pas-de-Calais, soutenue dans ce sens par ses partisans sur Twitter, dont le ministre de l'Intérieur et leader de l'extrême droite italienne, Matteo Salvini.

Le chef de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé sur Twitter que ce n'était « pas avec des méthodes pareilles qu'on fera reculer l'extrême droite ». Le même qui avait qualifié Mme Le Pen de « semi-démente » pendant la campagne de 2012 a exprimé son « désaccord total avec la psychiatrisation de la décision politique ».

Marine Le Pen avait tweeté le 16 décembre 2015 des photos d'exactions du groupe EI, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir « fait un parallèle » entre l'EI et le FN. Évoquant un « dérapage inacceptable » et des « propos immondes », Mme Le Pen avait posté sur son compte trois photos mentionnant l'animateur de BFMTV-RMC avec le texte « Daech c'est ça! ». Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.

Quelques semaines après les pires attentats jamais commis en France, ces publications avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la classe politique, mais aussi au-delà. Le parquet de Nanterre avait lancé le jour même une enquête pour « diffusion d'images violentes » suite à un signalement des clichés par le ministre de l'Intérieur d'alors.

Rached Cherif

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