Politique de la ville: un cadre d’action « stabilisé » mais peu de moyens

 Politique de la ville: un cadre d’action « stabilisé » mais peu de moyens

DOMINIQUE FAGET / AFP

Les élus agissent avec peu de moyens et sans réelle articulation avec les politiques publiques de droit commun, alerte l’association Ville et Banlieue.

 

« Pour les municipales comme pour la présidentielle, on ne peut pas dire que la question des six millions d’habitants des quartiers prioritaires soit en haut de la pile », a déclaré Gilles Leproust, président de Ville et Banlieue.

Douze ans après la loi Lamy, qui a donné naissance aux « Quartiers prioritaires de la politique de la ville », l’association estime que la politique de la ville est aujourd’hui « intégrée dans l’organisation territoriale ».

Selon une enquête réalisée entre novembre 2025 et janvier 2026 auprès de 108 collectivités, neuf intercommunalités sur dix disposent d’un service dédié à la politique de la ville, de même que plus des trois quarts des communes malgré le transfert du pilotage des « contrats de villes », bras armé de cette politique, aux intercommunalités.

Contrat de ville

Reste que les moyens manquent: 70% des intercommunalités interrogées fonctionnent avec « un à cinq agents » et plus d’une commune sur deux a « moins de deux agents » dédiés.

Le nouveau contrat de ville 2024-2030 est jugé satisfaisant par 41% des répondants, même si 51% estiment qu’il ne répond que « partiellement » à leurs attentes.

Le contrat de ville permet de piloter localement les actions entreprises en matière d’éducation, santé, emploi notamment dans les QPV.

Principal enseignement de cette étude : 75% des répondants réclament une mobilisation accrue des dispositifs de droit commun, c’est-à-dire de toutes les politiques publiques sectorielles ordinaires, censées s’appliquer de la même façon partout sur le territoire.

Ville et Banlieue regrette par ailleurs l’absence de suivi de la mise en oeuvre des mesures annoncées lors du Comité interministériel des villes organisé en présence de l’ex-Premier ministre François Bayrou en juin 2025.