Tunisie. Opération antiterroriste à Fériana : Est-ce la résurgence du djihadisme en montagne ?

 Tunisie. Opération antiterroriste à Fériana : Est-ce la résurgence du djihadisme en montagne ?

Membres de l’Unité spéciale de la Garde nationale (USGN)

Une intervention préventive des forces de sécurité tunisiennes a permis d’éliminer un terroriste classé dangereux dans l’ouest du pays, à quelques mètres d’un lieu très fréquenté. Cette neutralisation d’un élément affilié à Daech, qui a également fait 1 mort côté forces de sécurité, signale-t-elle le retour d’un fléau que l’on pensait être éradiqué dans cette zone montagneuse ?

Les unités de sécurité tunisiennes ont mené la semaine écoulée cette opération antiterroriste dite « préventive » à proximité du marché hebdomadaire de la délégation de Fériana, dans le gouvernorat de Kasserine. Cette intervention, menée sur la base de renseignements précis, a abouti à la neutralisation de Seddik Ben Moncef Ben Amara El Abidi, un élément considéré comme particulièrement dangereux par les services de sécurité.

Des forces d’élite ont « déjoué une action terroriste aux abords du marché hebdomadaire de Feriana », près de Kasserine, a rapporté le ministère de l’intérieur dans un communiqué. L’opération a débouché sur « l’élimination du dangereux terroriste Seddik El-Abidi et l’arrestation d’un complice », selon la même source.

 

Une opération ciblée dans une zone sensible

Le choix du lieu et du timing souligne le caractère préventif de l’opération. Le marché hebdomadaire de Fériana attire chaque semaine un grand nombre de citoyens, ce qui en fait une zone sensible et potentiellement vulnérable. Selon des sources sécuritaires, l’intervention visait à empêcher toute tentative d’attaque susceptible de mettre en danger la population civile, dans une région déjà marquée par une activité terroriste sporadique ces dernières années.

Au cours de l’opération, un autre individu soupçonné d’être lié au terroriste neutralisé a été arrêté. Un agent de sécurité a toutefois été grièvement blessé lors des échanges et a dû être hospitalisé, puis a succombé à ses blessures, ce qui interroge sur le degré d’armement opposé à l’opération et le professionnalisme des forces engagées.

 

Un parcours lié aux groupes terroristes actifs à l’ouest

Né le 6 août 1997 à El Kef, Seddik El Abidi était affilié à la katiba « Jund al-Khilafa », un groupe terroriste parmi les plus anciens liés à l’organisation Daech (Etat islamique). Il était actif principalement dans les zones montagneuses de l’ouest tunisien, notamment dans les massifs frontaliers, connus pour leur relief accidenté et leur difficulté d’accès.

D’après la Liste nationale des personnes et entités impliquées dans des crimes terroristes, mise à jour le 18 décembre dernier par la Commission nationale de lutte contre le terrorisme, El Abidi était impliqué dans plusieurs attaques visant des citoyens ainsi que des patrouilles de sécurité et militaires. Il était recherché pour son implication directe dans des actions armées et pour son rôle présumé dans le soutien logistique de cellules terroristes opérant dans la région.

Les autorités tunisiennes ont indiqué que l’enquête se poursuivait afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer l’ensemble des circonstances entourant cette opération. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des efforts continus déployés par l’État pour lutter contre le terrorisme et sécuriser les zones sensibles, en particulier dans les gouvernorats de l’ouest, encore régulièrement exposés à la menace des groupes extrémistes malgré les thèses de certains spécialistes qui avançaient que cette menace était éradiquée dans le pays depuis ces trois dernières années.