Violences sexuelles : victimes de plus en plus jeunes, peu de poursuites des agresseurs

Manifestation contre les violences faites aux femmes, Avignon, novembre 2024. © Christophe Simon / AFP
Selon un rapport, malgré quelques progrès, les réponses de la France pour lutter contre les violences faites aux femmes restent insuffisantes, notamment en matière de poursuites.
Dans un rapport du Conseil de l’Europe (PDF), via le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Grevio), l’entité pointe des lacunes dans les poursuites des auteurs :
« Le Grevio exhorte les autorités françaises à prendre des mesures fortes afin de faire en sorte que les violences sexuelles fassent davantage l’objet de poursuites, notamment en améliorant les enquêtes et le recueil des preuves ».
83% des affaires de violences sexuelles et 94% des affaires de viols seraient classées sans suite selon les chiffres du rapport. Des chiffres qui révèlent un taux de poursuites des auteurs de violences sexuelles extrêmement faible.
Jeunes victimes et jeunes agresseurs
« Plus de la moitié des victimes de violences sexuelles et de viols en 2022 et 2023 étaient mineures », selon les données de l’Observatoire national des violences faites aux femmes.
S’appuyant notamment sur ces chiffres, le Grevio alerte sur l’augmentation des agressions à l’égard des jeunes femmes et, plus largement, des femmes.
En outre, si les victimes de violences sexuelles sont de plus en plus jeunes, les agresseurs le sont aussi, selon le groupe.
Pour expliquer cette tendance, le Grevio incrimine notamment les réseaux sociaux et l’abondance de clichés « masculinistes » véhiculés, responsables d’une hausse de l’adhésion des jeunes hommes à ces discours.
Législation et politique
Bracelets anti-rapprochement, ordonnances de protection immédiate, aide d’urgence pour les femmes ayant quitté un conjoint violent ou encore « pack nouveau départ », le rapport reconnaît des avancées législatives mais elles restent insuffisantes.
Le Grevio incite plus largement les autorités à développer de meilleures politiques de lutte contre les violences sexuelles :
« améliorer la coordination, le financement et l’évaluation des politiques de lutte contre les violences à l’égard des femmes (…) mieux reconnaître les formes multiples de discrimination auxquelles certaines femmes victimes de violence sont confrontées, notamment les femmes migrantes et réfugiées (…) s’assurer que les associations spécialisées disposent de ressources suffisantes ».
