Coup de cœur cinéma. Le dernier exil

Avec son dernier documentaire, Ceux qui veillent, Karima Saïdi réussit une prouesse rare. Nous faire sourire en évoquant un sujet presque tabou : la mort.
Pendant douze mois, au fil des quatre saisons, la réalisatrice a posé sa caméra dans le cimetière multiconfessionnel de Bruxelles.
Elle a filmé des descendants d’immigrés de confessions diverses venant rendre visite à leurs proches décédés.
La documentariste nous donne à voir leurs regards, leurs confidences murmurées, leurs larmes mais aussi leurs sourires. On entend leurs reproches, leurs peines et la liberté désarmante avec laquelle on parle aux défunts.
De ces instants suspendus naît un film délicat, burlesque et profondément poétique, qui raconte la vie qui continue malgré tout et le lien indestructible qui nous attache à jamais à ceux qui nous ont quittés.
Sans jamais être démonstratif, Ceux qui veillent pose aussi de vraies questions : la place – ou l’absence, des femmes lors des enterrements, les rites, la transmission, la mémoire.
Le tout porté par de très belles images, comme ces ballons en forme de chapelet qui s’élèvent lentement dans le ciel puis finissent par disparaître.
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Infos pratiques :
Ceux qui veillent est en compétition officielle au festival FIPADOC à Biarritz, dans la catégorie « Histoires d’Europe ».
Il sera projeté :
- Samedi 24 janvier 2026 à 18h45 à l’Auditorium du Bellevue, suivi d’une séance de questions-réponses ;
- Vendredi 30 janvier 2026 à 11h15 au cinéma Le Colisée.
Il est également à l’affiche du Palace à Bruxelles depuis le 21 janvier.
