CDI « Jeunes » : les jeunes et les syndicats y sont opposés, le gouvernement temporise

 CDI « Jeunes » : les jeunes et les syndicats y sont opposés, le gouvernement temporise

Le président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Patrick Martin, le 27 janvier 2026. (Photo de STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Afin de lutter contre le chômage des jeunes, le Medef a lancé l’idée d’un nouveau contrat à durée indéterminée (CDI). Le gouvernement botte en touche, tandis que les syndicats s’indignent.

 

Un contrat à durée indéterminée qu’il serait plus facile de rompre, avec pour objectif de fluidifier le marché de l’emploi et, surtout, de lutter contre le chômage des jeunes.

La semaine dernière, le Medef dévoilait sa nouvelle proposition. Réponse de Matignon hier (2 février) : « La priorité du Premier ministre, c’est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent. »

Ces négociations visent à trouver 400 millions d’économies sur l’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle.

Une façon, pour le gouvernement, de mettre de côté une proposition qui provoque déjà un tollé auprès des syndicats de travailleurs et des syndicats étudiants.

« Variable d’ajustement »

Dans le cadre de ce CDI dit « jeunes », le Medef propose un contrat d’insertion pour les jeunes intégrant une période d’essai de trois ans. Il pourra donc être rompu sans motif pendant les premières années, explique le syndicat patronal.

Pour l’Unef, cette proposition est synonyme de « licenciement plus facile » et donc de plus grande précarisation de « centaines de milliers de jeunes déjà confrontés à une précarité qui explose et à des conditions de travail déplorables ».

Le syndicat étudiant redoute également que les jeunes deviennent ainsi « une variable d’ajustement économique pour les entreprises, en faisant d’eux une main-d’œuvre peu coûteuse ».

« Précarité à vie »

Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), s’insurge également contre cette période d’essai de trois ans, facilitant le cumul de contrats précaires.

« C’est grave ! Ça veut dire que le patronat n’a pas d’autre horizon à proposer aux jeunes que la précarité à vie », déclarait-elle hier (2 février) sur France Télévisions.

 

En outre, dans un message sur X (30 janvier), la secrétaire générale de la CGT regrettait une tentative de retour à une ancienne proposition : « Période d’essai pendant 3 ans, Smic jeune, généralisation des contrats précaires… 20 ans après la victoire contre le CPE, le Medef veut remettre le couvert ! »

En 2006, le « contrat première embauche » (CPE), créé par Dominique de Villepin alors Premier ministre, avait provoqué une mobilisation historique, poussant le gouvernement à le supprimer avant son application.