ONU/Palestine : Amnesty International soutient Francesca Albanese

La rapporteuse spéciale italienne des Nations Unies (ONU) sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, lors d’une manifestation pro-palestinienne dans le cadre de la grève générale nationale, à Gênes, le 28 novembre 2025 (Photo de Piero CRUCIATTI / AFP).
Plusieurs ministres européens ont demandé la démission de la rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens. Amnesty dénonce une campagne de désinformation.
« Les ministres qui ont diffusé cette désinformation doivent faire plus que simplement supprimer leurs commentaires sur les réseaux sociaux, comme certains l’ont fait. Ils doivent présenter des excuses publiquement et rétracter toute demande de démission de Francesca Albanese », expliquait hier (16 février), dans un communiqué, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Le 7 février, lors d’un forum, Francesca Albanese intervenait pour parler de la situation de la Palestine. Sa prise de parole tronquée est devenue virale. Mercredi dernier (11 février), Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, demandait la démission de Francesca Albanese, qu’il accusait de « propos outranciers » visant « non pas le gouvernement israélien (…) mais Israël en tant que peuple et en tant que nation ».
Le lendemain, son homologue allemand, Johann Wadephul, affirmait sur X : « Je condamne ses récentes déclarations sur Israël. Elle ne peut tenir dans sa fonction ». Amnesty International dénonçait également des appels à la démission de la rapporteure spéciale émanant aussi de ministres autrichiens, italiens et tchèques.
>> A lire aussi : ONU/Palestine : la France réclame la démission de Francesca Albanese
Droit international
« Au lieu de respecter leur obligation au titre du droit international de protéger les Palestiniens, des États tiers ont décidé au mieux de détourner le regard et au pire d’armer les individus qui commettent des actes de génocide et des crimes de guerre », accusait Agnès Callamard.
La secrétaire générale d’Amnesty International regrettait que les ministres européens, très prompts à attaquer Francesca Albanese, soient plus complaisants avec le gouvernement israélien. « Leur lâcheté et leur refus de demander des comptes à Israël contrastent fortement avec l’engagement sans faille de la rapporteure spéciale à dire la vérité aux tenants du pouvoir », indiquait la membre d’Amnesty International.
Cette dernière regrettait, par ailleurs, le silence autour de la poursuite des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza, malgré la trêve d’octobre 2025.
>> A lire aussi : Gaza : Washington veut sanctionner une Rapporteure de l’ONU jugée « gênante »
Discrédit
La semaine dernière, Jean-Noël Barrot recevait le soutien de Charles Kushner, ambassadeur des États-Unis en France, qui le remerciait sur X « d’avoir appelé à la démission de Francesca Albanese », dénonçant ses « propos haineux répétés ».
Une attaque dont les États-Unis sont maintenant coutumiers. En juin dernier, Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, déclarait que « la campagne de guerre politique et économique d’Albanese contre les États-Unis et Israël ne serait plus tolérée ».
Pour Amnesty International, ces accusations contre Francesca Albanese alimentent une campagne visant à la discréditer et à « détourner l’attention du génocide perpétré par Israël à Gaza ».
L’ONG déplore que le droit international et les institutions internationales de protection des droits humains soient de plus en plus attaqués. « L’utilisation qui est faite de la désinformation pour les délégitimer davantage encore représente une grave menace pour les droits humains et l’état de droit lui-même », avertit Amnesty International.

