Migrants : près de 1 000 vies perdues en Méditerranée en 2026

Migrants sur un bateau chaviré au large de la Libye le 4 avril 2026. Deux morts, 32 secourus, des dizaines portées disparues, selon Sea-Watch et Mediterranea Saving Humans. © Fabian MELBER / SEA-WATCH / AFP
Depuis janvier 2026, près de 1 000 migrants ont trouvé la mort en Méditerranée. Naufrages et politiques restrictives continuent de transformer les routes migratoires en véritable piège mortel.
Près de 1 000 migrants ont perdu la vie en Méditerranée depuis le début de l’année 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le mois d’avril a particulièrement contribué à ce bilan tragique, marquant le début d’année le plus meurtrier depuis 2014.
Le naufrage du 5 avril, symbole de la crise
Dimanche 5 avril, un bateau transportant environ 120 migrants, originaires du Bangladesh, d’Égypte et du Pakistan, a chaviré en Méditerranée centrale après avoir quitté Tajoura, en Libye. Plus de 80 personnes restent portées disparues.
Pour l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans, ce « tragique naufrage de Pâques » n’est pas un accident : il illustre les conséquences des politiques européennes qui ferment l’accès à des routes migratoires sûres et légales. Survivants et familles restent au cœur de cette tragédie.
Une hausse effarante des décès
Depuis janvier, 765 migrants sont morts sur la route de la Méditerranée centrale, soit une augmentation de plus de 150 % par rapport à la même période en 2025. Amy Pope, directrice générale de l’OIM, insiste : « Sauver des vies doit être la priorité absolue ». Elle appelle à développer des voies sûres pour les migrants et à lutter contre l’exploitation par les trafiquants.
Baisse des arrivées et contexte politique
En parallèle, l’Italie a enregistré 6 200 arrivées de migrants en 2026, contre 9 400 à la même période l’an dernier. Cette baisse coïncide avec le décret-loi Piantedosi, adopté en janvier 2023, qui oblige les navires de sauvetage des ONG à se rendre immédiatement au port désigné après un sauvetage. Même validé par la Cour constitutionnelle italienne, ce décret reste contesté par les ONG, qui craignent pour la sécurité des migrants.
Un appel urgent à agir
Alors que le nombre de décès continue d’augmenter, l’OIM et les ONG lancent un appel urgent à protéger les migrants en Méditerranée : il est crucial d’éviter que d’autres vies soient perdues sur ces routes périlleuses.
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