Afrique. France-Maghreb : Nuages à l’horizon

La prise en charge du dossier libyen par un poids lourd de la diplomatie française va-t-elle dénouer la masse de malentendus qui marquent actuellement les relations entre les deux pays ? 

Arnaud Pescheux, actuellement sous-directeur de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée au ministère des Affaires étrangères qui devrait remplacer Marie Philippe à la tête de la cellule chargée de l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient de l'Élysée aura besoin de tout son entregent pour remettre sur les rails les relations entre l’hexagone et les pays du Maghreb.

Si les relations avec le Maroc ne sont pas si mauvaises, en témoigne le soutien indéfectible de Paris à la proposition d’autonomie du Sahara qui ne souffre d’aucune ambiguïté, il semble que Paris ait tout faux sur les dossiers libyens, sur la crise algérienne et bien sûr sur l’évolution de la situation politique en Tunisie.

Sans revenir à l’intervention désastreuse d’un Sarkozy, qui a débouché sur l’assassinat sans sommation de l’ex-président de la république libyenne, Mouamar Kaddhafi, le moins qu’on puisse dire, c’est que le soutien au maréchal Khalifa Haftar a fait voler en éclats tout le processus de paix en Libye. Une attitude qui a en même temps, contribué à fragiliser la position de Paris à Tripoli. Désormais, la France n’aura de cesse de se justifier face aux critiques soulignant son attitude ambiguë, à l’égard des exactions de Haftar.

Le soutien fourni par Paris aux forces de Haftar au nom de la « lutte antiterroriste » à partir de début 2016 – dans l’émotion de l’après-attentats de Paris en novembre 2015 – est aujourd’hui perçu comme un investissement sans condition sur Haftar. Preuve que l’heure est grave, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, vient d’annoncer ce mardi, au Caire qu'une réunion ministérielle sur la Libye se tiendra à l'ONU la semaine prochaine.

Et ce, au sortir d'une conférence de presse conjointe avec son homologue égyptien, Samih Chokri, pour discuter de dossiers régionaux et internationaux. Le ministre français a ainsi déclaré que la crise libyenne était une source de préoccupation en France et en Égypte, qualifiant la réunion d'urgente.

En Algérie, la France n’est pas mieux lotie et selon nos sources, le départ de l’ambassadeur de France à Alger n’est qu’une question de jours en raison de la complication des relations entre Paris et l’homme fort actuel en Algérie.

Entre Xavier Driencourt, et le Chef d’État-Major de l’Armée algérienne, Ahmed Gaid Salah, le torchon brûle.  Le diplomate très réticent à l’option militaire est devenu l’ennemi à abattre pour le chef d’état-major qui nourrit des ambitions de pouvoir comparables à celles du maréchal Sissi en Égypte.

Enfin, last but not least, la Tunisie est en train d’échapper au contrôle de Paris avec la validation par l’Instance supérieure indépendante des élections du second tour des présidentielles des deux candidats hors système « Kais Saïed et Nabil Karoui ».

En tout cas, Macron semble faire confiance à Pescheux, l’élève studieux de Normale Sup, de Sciences Po et de l’ENA, qui a travaillé sur tous les dossiers épineux de la coopération franco-libanaise pour mettre à profit son carnet d’adresses et contribuer ainsi discrètement à améliorer l’image de la France en Afrique du Nord.

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