Algérie. Peine alourdie pour Karim Tabbou : le parlement européen dénonce un acharnement

Deux responsables du Parlement européen ont qualifié d’« acharnement judiciaire » la condamnation en appel de l’activiste algérien Karim Tabbou, une des figures du Hirak, dans un communiqué diffusé mercredi. Ils estiment que cette décision, tout comme l’emprisonnement d’autres militants du Hirak, peut avoir des conséquences sanitaires graves en raison de l’actuelle pandémie.

Karim Tabbou, figure Hirak algérien, a été condamné mardi 24 mars en appel à un an de prison ferme, selon la ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). Si le Hirak n’a pas de structure formelle, Karim Tabbou en est l’un des visages et l’une des voix les plus connues.

L’activiste de 47 ans avait déjà écopé le 11 mars d’une peine d’un an de prison, dont six mois fermes, pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ». L’opposant avait été arrêté une première fois le 12 septembre après avoir été inculpé « d’atteinte au moral de l’armée » par un tribunal de Tipaza, à l’ouest d’Alger, il avait été remis en liberté le 25 septembre. À nouveau arrêté dès le lendemain, il avait été inculpé cette fois d’« incitation à la violence ». Il devait donc sortir de prison ce jeudi après avoir purgé sa peine.

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Mais, la justice algérienne en a décidé autrement en tenant une nouvelle audience en urgence. « L’affaire n’était pas programmée jusqu’à hier. On a été prévenu ce matin. On est venu en courant », a raconté à l’AFP un des avocats, Me Amine Sidhom.

Cela dépasse l’entendement. On est choqué", s’est insurgé Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, qui a dénoncé un « procès en catimini ». M. Salhi a précisé que M. Tabbou avait eu un malaise et qu’il n’avait pas assisté à son procès. « Il était à l’infirmerie de la Cour » au moment du procès, a-t-il dit.

« La condamnation de Karim Tabbou en appel hier, et en l’absence de ses avocats, va à l’encontre de son droit à un procès équitable, dont il bénéficie en vertu du droit algérien, ainsi que des conventions internationales ratifiées par l’Algérie » ont réagi mercredi Maria Arena, présidente de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen et son collègue Andrea Cozzolino, président de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb. « L’acharnement judiciaire dont est victime Karim Tabbou est incompréhensible et contraire à l’État de droit », estiment-ils.

« Alors que nous souffrons tous de la crise sanitaire mondiale, nous appelons les nouvelles autorités algériennes à prendre toute la mesure qu’une telle décision pourrait avoir sur l’intégrité physique de M. Tabbou et sur celle de l’ensemble des détenus du Hirak », ajoutent les deux eurodéputés.

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