Bruxelles célèbre 60 ans d’immigration marocaine avec l’exposition “Belgica Biladi”

 Bruxelles célèbre 60 ans d’immigration marocaine avec l’exposition “Belgica Biladi”

Au-delà de la rétrospective historique, “Belgica Biladi” se veut un espace de dialogue et de transmission

À l’occasion du 60ᵉ anniversaire de l’accord bilatéral de 1964 entre le Maroc et la Belgique, l’exposition itinérante “Belgica Biladi“.

Une histoire belgo-marocaine” fait escale au Musée de la Migration de Bruxelles. Un hommage vibrant à la première génération de migrants marocains et à l’empreinte durable de la communauté marocaine dans la société belge.

Un hommage à la première génération

Lancée en 2024, l’exposition “Belgica Biladi” retrace l’histoire de l’immigration marocaine en Belgique, depuis l’arrivée des premiers travailleurs dans les années 1960, à la suite des accords de main-d’œuvre signés en 1964, jusqu’à la construction d’une société belge plurielle et multiculturelle. Présentée dans plusieurs villes de Belgique et du Maroc, cette initiative met en lumière le parcours de milliers d’hommes et de femmes qui ont quitté leur pays pour contribuer, par leur travail et leur détermination, au développement économique et social de la Belgique.

Au fil des décennies, cette présence s’est enracinée, structurée et affirmée, devenant une composante essentielle du paysage politique, économique, social et culturel belge.

Une mémoire vivante, entre archives et témoignages

Organisée par l’Université libre de Bruxelles (ULB), en partenariat avec la Ville de Bruxelles et le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), l’exposition propose un parcours immersif nourri de témoignages intergénérationnels, d’archives, de photographies et de vidéos. Au-delà de la rétrospective historique, “Belgica Biladi” se veut un espace de dialogue et de transmission. Elle ambitionne de préserver la mémoire des pionniers tout en la transmettant aux jeunes générations, afin de renforcer le sentiment d’appartenance et de compréhension mutuelle entre les différentes composantes de la société bruxelloise.

La soirée d’ouverture au Musée de la Migration a été marquée par des hommages rendus à plusieurs figures emblématiques, dont Khiti-Amina Benhachem, première journaliste d’origine marocaine à la télévision belge.

Une présence antérieure à 1964

Le commissaire général de l’exposition, Ahmed Medhoune, a rappelé que la présence marocaine en Belgique ne date pas uniquement de l’accord de 1964. Elle remonte notamment à la participation de soldats marocains aux combats aux côtés des Alliés pour la défense de la liberté en Belgique et en Europe durant les conflits mondiaux. L’exposition met également en avant des “success stories” belgo-marocaines, afin de déconstruire les stéréotypes et de valoriser les trajectoires de réussite qui ont marqué ces six décennies d’histoire commune.

Deux tables rondes pour prolonger la réflexion

Dans le prolongement de l’exposition, le Musée de la Migration accueillera deux tables rondes

  • Le 7 mars, une rencontre consacrée à la contribution politique, économique et sociale des Belgo-Marocains.
  • Le 26 mars, une table ronde dédiée à leur apport culturel et artistique, qui marquera la clôture de “Belgica Biladi”.

À travers cette programmation, Bruxelles rend hommage non seulement à une histoire migratoire, mais aussi à une mémoire partagée devenue partie intégrante de son identité contemporaine.

Une passerelle entre deux pays

Dans son allocution, l’ambassadeur du Maroc en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, Mohamed Ameur, a salué une initiative qui rappelle “une aventure humaine remarquable, marquée par l’effort, la dignité et l’espérance”. Il a souligné que la communauté marocaine constitue aujourd’hui une passerelle humaine, culturelle et économique solide entre les deux pays, conciliant intégration en Belgique et attachement au Maroc.

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