Niloofar Rahmani, la première femme pilote d’Afghanistan

 Niloofar Rahmani, la première femme pilote d’Afghanistan

Niloofar Rahmani


 


En Afghanistan, tout le monde l’appelle la « Top Gun Afghane ». Avec son treillis, ses lunettes d'aviateur et sa démarche assurée sur les tarmacs des aéroports, Niloofar Rahmani a relevé le double défi d'intégrer un univers exclusivement masculin dans l'un des pays les plus conservateurs au monde pour devenir la première femme pilote d'Afghanistan.


 


Les femmes représentent moins de 1% des 350.000 membres des forces de sécurité afghanes.Sur la base aérienne des forces afghanes à Kaboul, Niloofar Rahmani, âgée seulement de 23 ans, ne passe pas inaperçue. « Depuis mon enfance, quand je voyais un oiseau dans le ciel, je voulais piloter un avion », explique-t-elle tout simplement à l'AFP. 


« Beaucoup de filles en Afghanistan ont des rêves… mais se heurtent à beaucoup d'obstacles, de menaces », dit-elle devant son avion, un petit Cessna de transport léger à hélice. 


Sous le régime des Talibans, les femmes ne pouvaient pas quitter leur domicile sans être accompagnée d'un homme et vivaient dans un univers fermé. Aujourd’hui, la situation s’améliore mais il reste encore beaucoup de travail pour faire évoluer les mentalités. 


Niloofar a reçu des appels et des lettres de menace d'inconnus, la pressant d’abandonner. « Ils ont menacé de me faire du mal, ainsi qu'à ma famille », assure-t-elle. « Ma seule réaction a été de les ignorer », ajoute celle qui a dû quitter le pays pendant deux mois en 2013 au moment où ces menaces devenaient insupportables. Aujourd'hui, la jeune pilote porte toujours un pistolet pour sa protection. Elle ne quitte jamais la base en uniforme de peur de devenir une cible. 


Mais tout n’est pas noir. Au cours d'une mission, elle a défié les ordres de son supérieur en transportant des soldats blessés dans le sud afghan.


Les femmes ne sont pas autorisées à transporter les hommes, morts ou blessés. Mais à la fin de cette mission, elle a dit à son commandant : « sanctionnez-moi si vous pensez que j'ai mal agi ». Son supérieur a souri et lui a répondu : « vous avez bien fait ».


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.