Flottille pour Gaza : « une condamnation de l’inaction de la communauté internationale »

Partie de Barcelone, la Flottille pour Gaza veut briser le blocus et acheminer une aide humanitaire vers l’enclave palestinienne. © Josep LAGO / AFP
Alors que la Flottille pour Gaza a repris la mer en début de semaine, Amnesty international appelle Israël à ne pas commettre de nouvelles « interceptions illégales ».
Plus de 70 bateaux, 3 000 participants d’une centaine de pays, 1 000 professionnels de santé, la Flottille Global Sumud a largué les amarres pour transporter des fournitures vitales dans la bande de Gaza. Partie de Barcelone, son objectif reste donc le même : briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
La progression de la flottille est suivie par différentes ONG dont Amnesty international, pour qui cette mission est nécessaire face au silence de la communauté internationale.
« Le simple fait que ces missions civiles continuent de prendre la mer est une condamnation sans appel de l’inaction de la communauté internationale », dénonçait, hier (15 avril), Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.
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« Interceptions illégales »
Lors de sa dernière tentative de rallier Gaza, la flottille humanitaire avait été arraisonnée par les autorités israéliennes (2 octobre). De nombreux militants, dont 28 ressortissants français, avaient été mis en détention. Les avocats des ressortissants français, Me Raphaël Kempf et Me Chirinne Ardakani, avaient alors dénoncé des « détentions arbitraires ».
« Ils avaient un objectif parfaitement licite, légal et pacifique d’acheminer des vivres et médicaments à la population gazaouie dans un contexte génocidaire », faisaient valoir les avocats. Les 28 ressortissants français avaient finalement été expulsés du territoire israélien par un vol à destination d’Athènes (6 octobre).
Pour cette nouvelle tentative de la flottille, Amnesty international a d’ores et déjà appelé les autorités israéliennes à « garantir le passage en toute sécurité de ces défenseurs des droits humains et militants non armés ».
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Droit international
Dans une publication sur le réseau social X (1er octobre), le ministère israélien des Affaires étrangères affirmait avoir contacté la flottille pour lui demander de changer de cap.
En outre, le ministère indique avoir offert de transférer l’aide humanitaire par voies sûres : « Israël, l’Italie, la Grèce et le Patriarcat latin de Jérusalem ont tous offert et continuent d’offrir à la flottille un moyen d’apporter pacifiquement toute aide qu’ils pourraient avoir à Gaza. La flottille a refusé parce qu’elle n’est pas intéressée par l’aide, mais par la provocation ».
Pour cette nouvelle mission de la flottille, Amnesty international a rappelé l’Etat hébreu à ses obligations : « Israël est légalement tenu de garantir aux Palestiniens à Gaza un accès sans restriction à l’aide humanitaire (…) il continue de faire fi de ses obligations légales et des mesures conservatoires contraignantes ordonnées par la Cour internationale de justice, en violation du droit international ».
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