Cinéma.A genoux les gars, drôle de drame

crédit photo : les films de l'autre cougar

Après le polémique “Haramiste” (2015), le nouveau film du réalisateur Antoine Desrosières aborde frontalement, par le prisme de l’humour, la sexualité adolescente. Une œuvre décapante. 

Rim et Yasmina sont deux sœurs, deux lycéennes, très attachées l’une à l’autre. Mais lorsque Rim s’absente pour un voyage scolaire, Yasmina se retrouve confrontée aux pulsions sexuelles du petit ami de sa sœur et à la manipulation psychologique de son propre compagnon, qui lui fait un chantage sexuel...

On se souvient d’Haramiste (2015), le moyen métrage d’Antoine Desrosières dans lequel jouaient déjà les mêmes actrices. Son évocation, sur un ton badin, de la sexualité des jeunes femmes voilées avait généré une polémique, certains lui reprochant une vision masculine, voire colonialiste du sujet. Un point de vue compréhensible, mais que le film désamorçait pourtant par son humour et par la participation des actrices à l’écriture du scénario.

Le viol sous l’angle de la comédie : un pari osé

Avec A genoux les gars, le risque est pris pour une nouvelle bataille d’Hernani. D’autant que ce long métrage est frappé d’une interdiction aux moins de 16 ans. Au grand dam du réalisateur, car une telle sentence signifie une plus grande difficulté d’exploitation en salles, puis en diffusion télé. Le film est, il est vrai, une œuvre pas facile. Aborder un sujet sensible comme le viol sous l’angle de la comédie est plutôt surprenant au ­premier abord. Tout comme le fait de claironner au ­générique que l’on s’inspire d’une histoire vraie. Mais cette façon de déstabiliser le spectateur permet aussi de révéler le malaise qu’engendre la domination masculine, y compris celle qui ressort du regard du réalisateur.

Une déclinaison en web-série

Pourtant, dans cet exercice d’équilibriste, A genoux les gars, contrairement à un funambule, semble plus attiré par sa trajectoire finale, sa chute en quelque sorte, que par le chemin traversé. Laissant le sentiment d’un tour de force scénaristique. Il brille aussi par l’originalité de ses codes formels. Comme dans Haramiste, le film est ponctué de messages SMS, qui s’affichent sur l’écran sur fond de paysage urbain, ainsi que de chansons yéyé, qui s’entendent comme l’inconscient des personnages.

On note aussi la prestation remarquable des deux ­comédiennes, Souad Arsane et Inas Chanti, de nouveau créditées à l’écriture du long métrage. La présentation du film au Festival de Cannes (dans la section Un certain regard) devrait accélérer leur carrière.

Et l’aventure d’A genoux les gars ne s’arrête pas là. Les personnages vont continuer d’exister à travers une web-série de 30 épisodes de dix minutes, diffusés sur YouTube une fois par semaine jusqu’en décembre. Une expérience nouvelle de cinéma... et un pied de nez à l’interdiction aux moins de 16 ans.

À GENOUX LES GARS

Un film français d’Antoine Desrosières. Avec Souad Arsane (photo de droite), Inas Chanti, Sidi Mejai et Mehdi Dahmane. Durée : 1 h 38.

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