Cyberviolence : la justice face à une haine en ligne décomplexée

 Cyberviolence : la justice face à une haine en ligne décomplexée

Illustration – SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Caricatures, messages violents… La haine en ligne, qu’elle soit antisémite, raciste ou homophobe, atteint un niveau jamais vu en France, alerte la justice.

 

En 2025, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne a enregistré 1 072 dossiers, toutes haines confondues: un pic inédit depuis sa création en 2021.

Ce pôle a été créé peu après l’assassinat de Samuel Paty, victime d’une campagne de haine sur internet.

Les signalements s’élevaient à 550 par an en 2021 et 2022. Ils ont doublé depuis octobre 2023. Et depuis, le niveau global des propos haineux ne redescend pas.

La procureure de Paris a fait de cette problématique une des « priorités » de son parquet.

« Bamboula » et nez crochu

Un tiers des signalements émanent d’internautes via la plateforme Pharos. Le reste vient d’associations, d’institutions ou d’élus notamment.

Les messages sont compilés avec la date, le type d’infraction et le contexte par le Pôle national de lutte contre la haine, qui adresse des réquisitions aux plateformes numériques et saisit des enquêteurs pour identifier, interpeller et entendre les suspects.

Du côté du racisme, les propos haineux peuvent aller de « sales singes » à « bamboula », en passant par les termes « noix » et « arbres » (pour les personnes noires et arabes), très présents depuis 2025 dans les messages d’une frange de l’extrême droite.

Même mécanisme pour l’antisémitisme, avec des représentations « très archaïques » (nez crochu, rats, croix gammées…) mais aussi des « codes » comme les J ou les dragons célestes pour désigner les personnes juives.