Dossier du Courrier.Les amateurs sur la touche

crédit photo : Herbert Spichtinger/Image Source/AFP

MAGAZINE DECEMBRE 2017

Le football réunit plus de 2,1 millions de licenciés de tous les niveaux, dans l’Hexagone. Mais dans l’univers du ballon rond, tous les clubs ne sont pas logés à la même enseigne. Budgets serrés versus terrains dorés, licences à 80 euros versus salaires à six chiffres… Amateurs et pros ne font pas jeu égal. 

“Tous les gamins s’identifient aux joueurs pros qui ont été formés chez nous. Ce sont leurs héros et ils veulent devenir comme eux.” Voici ce que confiait Jean-Baptiste Leroy, président du CO Les Ulis, dans une interview accordée au Parisien en 2016. Vivre de sa passion, gagner un énorme salaire, être adulé et admiré par pléthore de fans… Nul doute, devenir footballeur professionnel est un rêve pour beaucoup. Mais les places sont chères et les élus peu nombreux.

Des transferts qui rapportent gros aux petits

Plus que partout ailleurs, les joueurs ulissiens entretiennent cette utopie d’être un jour les futurs Zidane français. Car le club a compté dans ses rangs de grands noms du football comme Patrice Evra, Anthony Martial ou encore Thierry Henry ! Des carrières flamboyantes qui ont contribué à la bonne image du club, et à la bonne tenue de ses caisses… A titre d’exemple, le CO aurait touché près de 600 000 euros d’indemnité de formation lors du transfert de Martial de Monaco à Manchester en 2015. Un joli pécule pour le club amateur aux revenus relativement modestes…

A quelques centaines de kilomètres du club essonnien, dans une petite commune des Deux-Sèvres, c’est une autre histoire. Au SA Moncoutant, point d’indemnité exorbitante et des fins de mois où il faut serrer le galon du short. “La Fédé (Fédération française de football, FFF, ndlr) donne toujours plus d’argent au niveau pro, mais stagne au niveau amateur”, s’insurge Anatole Turpeau, l’entraîneur. Le club, évoluant en Régional 3, ne touche aucune aide régionale ou départementale, seulement une subvention municipale pour entretenir les locaux et les terrains. Afin de boucler son budget, il compte sur le sponsoring (maillots, ballons…) et sur les cotisations des licenciés. “Cette année, la licence coûte 80 euros. Mais la moitié de cette somme part directement dans les poches de la FFF”, déplore Anatole Turpeau.

Une Coupe de France porteuse d’espoirs

Pour entrer dans ses frais et rémunérer éducateurs et entraîneurs, l’AS Moncoutant multiplie les manifestations. “Nous organisons tous les ans un bal du foot, un tournoi de futsal ainsi qu’un tournoi de fin de saison. La buvette rapporte aussi pas mal d’argent”, se félicite l’entraîneur. Additionnées, ces différentes sources de revenus permettent au club de garder, tant bien que mal, la tête hors de l’eau. Mais on est bien loin des clubs professionnels qui, grâce aux droits de diffusion télévisés (57 millions d’euros pour le PSG à l’issue de cette saison), aux gros sponsors, aux recettes des guichets, aux produits dérivés et aux ventes de joueurs, affichent une santé économique au beau fixe.

S’ils sont opposés sur bien des points, les clubs amateurs et professionnels se rejoignent néanmoins sur un terrain commun  : celui de la compétition nationale. La Coupe de France est le moment où les “petits”, s’ils font un bon parcours, peuvent affronter les “grands”, et parfois même faire jeu égal. Là encore, l’argent s’invite sur la pelouse. “Dès que les équipes professionnelles font leur entrée, les primes flambent ! Un 16e de finale, c’est 60 000 euros pour le club, lance Anatole Turpeau. Mais au-delà des enjeux financiers, le ballon rond est avant tout une passion, pour les amateurs comme pour les pros !” 

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