Farid Aid : « Le référendum sur la fusion Saint-Denis–Pierrefitte aura lieu »

Farid Aid, futur maire délégué de Pierrefitte, lors d’une interview sur la fusion avec Saint-Denis. Photo : DR
Dans l’effervescence de la victoire de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis, élu dès le premier tour, on pourrait presque oublier Farid Aid. Ce dernier va devenir maire délégué à Pierrefitte.
Depuis le 1er janvier 2025, Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine ont officiellement fusionné, donnant naissance à la Commune nouvelle. Avec près de 150 000 habitants, elle devient la deuxième ville la plus peuplée d’Île-de-France après Paris.
LCDL : Pensez-vous que la fusion Saint-Denis–Pierrefitte pourrait être remise en question ?
Farid Aid : Oui. Nous allons organiser un référendum dans quelques mois, comme nous l’avions promis. Comme c’est une nouvelle commune (NLDR : depuis le 1er janvier 2025), il sera plus facile de défusionner sans perdre d’argent.
Si l’indépendance est choisie, nous aurons deux ans pour préparer Pierrefitte à redevenir une ville à part entière. Sinon, nous renforcerons la mairie de Pierrefitte pour lui redonner toute sa plénitude sur la gestion locale.
Pensez-vous que la fusion a fait perdre la ville à Mathieu Hanotin, le maire sortant ?
Oui, parce que les habitants de Pierrefitte étaient contre la fusion. Ils n’ont pas digéré que la décision soit prise sans leur avis.
Vous attendiez-vous à un tel score au premier tour des municipales ?
On avait des retours très positifs dès le début et on savait que nous allions être en tête. Au fil de la campagne, la droite s’est clairement effondrée, leurs candidats n’ont pas été à la hauteur, donc nous savions que ça allait être un duel entre notre liste et celle du maire sortant.
Face à l’exaspération des habitants, le taux de participation a été très fort à Saint-Denis comme à Pierrefitte, et il y a eu un véritable engouement pour notre liste. J’ai su que nous allions faire un gros score quand nous sommes arrivés premiers dans un bureau à Pierrefitte où ça votait traditionnellement à fond à droite et socialiste…
Le rassemblement entre LFI et les communistes a-t-il été déterminant pour votre victoire ?
Farid Aid : Absolument. Sans ce rassemblement, on n’aurait pas gagné. Si on arrive à reproduire ce modèle dans d’autres villes, cela pourrait vraiment changer la donne. Beaucoup ont juste un logo, mais nous, c’est l’implantation locale et le travail sur le terrain qui font la différence.
Cela fait plusieurs décennies que nous militons dans nos villes respectives. Nous avons tous deux été aux responsabilités : lui à Saint-Denis, moi à Pierrefitte.
Quelle est la suite ?
Au prochain conseil municipal, nous proposerons la désignation du maire de Saint-Denis ainsi que du maire délégué de Pierrefitte. Nous lancerons également deux audits, l’un portant sur les finances et l’autre sur les ressources humaines, afin de mieux comprendre notre point de départ et repartir sur de solides bases.
De nombreux sujets doivent être traités, notamment la situation du personnel de la ville, les arrêts maladie et les burn-outs. Parallèlement, nous concentrerons nos efforts sur nos grandes priorités, telles que l’éducation, la santé et la jeunesse, qui sont les préoccupations majeures exprimées par les habitants.
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