Des femmes juives pour Gaza : Des voix Justes contre la guerre

 Des femmes juives pour Gaza : Des voix Justes contre la guerre

Manifestation en soutien à la Palestine, à Paris, le 8 septembre 2024. Thomas Samson / AFP

DOSSIER : DES JUSTES JUIVES POUR GAZA

Des justes juives pour Gaza
Des justes juives pour Gaza

Aujourd’hui, comment évoquer Gaza ? Face à un paysage de destruction, des femmes juives s’élèvent pour dénoncer la violence et porter une autre voix. De Tel-Aviv à Paris, leur engagement bouscule les récits dominants et ouvre un espace de réflexion.

Aujourd’hui, où trouver les mots pour décrire un paysage d’horreur qui est Gaza ? Comment transmettre une image fidèle d’un territoire détruit et calciné ?

Chaque jour, les mêmes questions reviennent. Ainsi, Israël répond par davantage d’exactions. L’armée “la plus morale du monde” continue de pilonner les ruines, traquant des Palestiniens qui n’existent plus. Elle se fiche du Comité international de la Croix-Rouge et s’assoit sur les Conventions de Genève.

La pratique de rétention des corps, adoptée de longue date par l’État hébreu, s’est renforcée. Elle sert de monnaie d’échange lors de négociations afin de récupérer les soldats tués, comme le rappelle le quotidien Haaretz, qui précise qu’Israël détient toujours les dépouilles de 766 Palestiniens.

Pourtant, les voix de femmes juives pour Gaza qui dénoncent ce génocide, même si elles restent curieusement inaudibles dans les médias, existent bel et bien. Pas seulement dans le camp arabe, mais aussi parmi la communauté israélienne.

Dans ce dossier, le choix de mettre en avant des femmes s’explique par l’originalité de leur militantisme. Et aussi parce qu’il y a un calendrier : chaque 8 mars, Journée internationale des femmes, on célèbre celles qui se distinguent par leurs actions.

Des femmes juives pour Gaza refusent de sacrifier le peuple palestinien sur l’autel du Grand Israël – folle vision défendue par les faucons au pouvoir à Tel-Aviv. De Tel-Aviv à New York, en passant par Paris, leur audace est immense. Elles sont peu nombreuses, mais leur message est puissant.

Des voix juives contre la barbarie

Pour ceux qui ne le savent pas encore, les Justes parmi les Nations sont des personnes non juives honorées par le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, pour avoir sauvé des juifs au péril de leur vie durant la Shoah. Il s’agit de la plus haute distinction civile d’Israël.

Aujourd’hui, ce sont ces femmes juives que l’on se propose d’honorer, en raison de leur engagement vis-à-vis de ce qui se joue en Palestine.

Des femmes comme Yuli Novak, directrice de l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, sont au premier rang de la lutte contre l’occupation des territoires palestiniens.

Dans sa présentation, elle explique avoir travaillé des années sur l’apartheid en Afrique du Sud. Elle cherchait à comprendre comment un tel régime est possible.

“L’une des choses que j’ai apprises, écrit-elle, c’est que l’apartheid déforme notre perception de la réalité. C’est un régime qui fait croire à ceux qui le vivent que l’ordre politique existant est le seul possible.”

Concernant la situation actuelle, elle constate que l’apartheid israélien se renforce et s’enracine, détruisant de plus en plus de vies palestiniennes.

Ouvrir un espace de pensée libre

Des militantes comme Tal Dor, membre du collectif Tsedek, s’inscrivent dans une réflexion féministe décoloniale. Son travail explore les liens entre militantes israéliennes et palestiniennes face à l’apartheid.

Par ailleurs, il est difficile d’ignorer le travail mené par l’Union juive française pour la paix, qui organise à Paris un cycle de conférences intitulé “Ce que la Palestine révèle de notre monde”.

“Nous ouvrons un espace de pensée libre, rigoureux et collectif”, explique Céline Casali, à l’origine de cette initiative de l’UJFP.

L’expérience de Fanny Mergui est également emblématique. Cette militante marocaine juive affirme son engagement pour que les Palestiniens puissent disposer d’un État.

Revenue au Maroc après un parcours marqué par le sionisme, elle milite aujourd’hui pour préserver la mémoire juive et soutenir la cause palestinienne.

Comme le disait le philosophe Henri Lefebvre : “Le réel n’est pas immobile. Il est devenir, donc possibilité.”

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FAQ

Qui sont les femmes juives engagées pour Gaza ?

Ce sont des militantes, intellectuelles et chercheuses qui dénoncent la guerre et défendent les droits des Palestiniens.

Pourquoi leur engagement est-il important ?

Leur position casse les idées reçues et montre qu’il existe une diversité d’opinions au sein des communautés juives.

Quels sont leurs combats ?

Elles s’opposent à l’occupation, aux violences et aux inégalités, tout en promouvant une lecture critique du conflit.

Un engagement minoritaire mais influent

Peu nombreuses, ces femmes portent néanmoins une parole forte qui contribue au débat international.