Tunisie : sept organisateurs de la flottille pour Gaza maintenus en détention

Wael Naouar, militant tunisien, lors d’une conférence de presse de la Global Sumud Flotilla à Tunis, le 10 septembre 2025. YASSINE MAHJOUB / AFP
Sept membres de l’organisation de la mission humanitaire Flottille pour Gaza sont maintenus en détention et visés par un mandat de dépôt.
Wael Naouar, son épouse Jawaher Channa, Nabil Chennoufi, Mohamed Amine Bennour ou encore Sana M’hidli, font partie des sept membres de la Coordination tunisienne de la Flottille pour Gaza détenus en Tunisie. Arrêtés le 6 mars, un mandat de dépôt a désormais été ordonné à leur encontre.
Lundi (16 mars) sur Facebook, l’avocat Sami Ben Ghazi s’indignait du traitement infligé à ses clients : « Ce qui s’est passé aujourd’hui n’a pas été un interrogatoire sur le fond, mais plutôt la présentation d’une avalanche d’accusations contre nos clients ».
Soupçonnés de blanchiment d’argent par les autorités tunisiennes, les accusés sont maintenus en détention le temps de l’enquête.
Blanchiment d’argent
Sur la base de la loi antiterroriste, les membres tunisiens du comité d’organisation de la Flottille pour Gaza sont désormais visés par des soupçons de blanchiment d’argent.
Une accusation lancée suite à une initiative de collecte de fonds au bénéfice de la première Global Sumud Flottilla (flottille pour Gaza), selon les avocats des organisateurs détenus. Samy Ben Ghazi contestait le fait que des mandats de dépôts aient été émis contre ses clients sans véritable interrogatoire.
Selon les avocats, ces interrogatoires devraient finalement avoir lieur dans les prochains jours.
Interdiction
Après une première tentative de rallier Gaza, en septembre dernier, pour briser le blocus israélien et délivrer une aide humanitaire, le Flottille pour Gaza annonçait en février la constitution d’un nouveau convoi.
Le 4 mars, la flottille avait programmé un événement au port de Sidi Bou Saïd pour manifester leur soutien aux travailleurs maritimes qui les avaient aidés en septembre. Autorisé dans un premier temps, l’événement a été finalement interdit par le gouverneur de Tunis.
Les membres de la flottille ont fait une simple escale pour dénoncer la « pression sécuritaire et le harcèlement » visant le mouvement de solidarité avec la Palestine en Tunisie. Ils ont été arrêtés peu après.
Le 7 mars, la branche tunisienne d »Amnesty international s’inquiétait des « arrestations alarmantes et des restrictions croissantes en Tunisie sur les rassemblements pacifiques ».
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