Huile d’olive tunisienne : Bruxelles ferme la porte à une extension des exportations

La Commission européenne ne prévoit pas d’accorder de nouvelles concessions commerciales à la Tunisie pour ses produits agricoles, notamment l’huile d’olive. Dans une lettre adressée à des organisations agricoles italiennes, un commissaire européen a confirmé que Bruxelles n’envisage aucune révision du protocole agricole de l’accord d’association entre l’Union européenne et la Tunisie.
Dès le 9 mars, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a en effet adressé une lettre à l’organisation agricole italienne Coldiretti et à Filiera Italia, dans laquelle il révèle le rejet par la Commission européenne de la proposition de Tunis, rapporte la presse italienne.
Cette mesure intervient alors que les autorités tunisiennes avaient officiellement demandé, fin janvier, une révision de ce protocole afin d’obtenir un accès plus large au marché européen. L’objectif était notamment d’augmenter les volumes d’huile d’olive tunisienne pouvant être exportés vers l’Europe sans droits de douane.
Une sèche fin de non-recevoir
Mais la réponse de Bruxelles est claire : « aucune concession supplémentaire n’est à l’ordre du jour ». Dans sa lettre, Hansen rappelle que la Commission a bien reçu la demande tunisienne mais qu’elle n’entend pas modifier les dispositions actuelles de l’accord commercial.
La question est particulièrement sensible dans certains pays producteurs européens. En Italie notamment, des organisations agricoles dont précisément les puissantes Filiera Italia et Coldiretti avaient récemment exprimé leurs inquiétudes face à l’éventualité d’un doublement un temps pressenti des importations d’huile tunisienne à droits de douane nuls, après le rapprochement de Giorgia Meloni avec Carthage.
La pression des producteurs européens
Dans sa réponse aux responsables de ces organisations, le commissaire européen souligne également que les produits agricoles importés doivent respecter les mêmes standards que ceux appliqués au sein de l’Union européenne. Cela concerne notamment les règles relatives à la sécurité alimentaire, aux résidus de pesticides et aux normes de production.
Bruxelles insiste ainsi sur la nécessité d’un alignement plus strict des produits importés sur les exigences européennes. La Commission affirme vouloir renforcer les contrôles sur les importations agricoles provenant de pays tiers, y compris l’huile d’olive tunisienne, reconnue internationalement pour sa qualité.
Dans ce contexte, l’exécutif européen a récemment mis en place par ailleurs une task force chargée de vérifier la conformité des produits importés aux normes sanitaires et environnementales de l’Union.
S’agissant de la Tunisie, premier exportateur mondial d’huile d’olive hors Union européenne certaines années, la décision de Bruxelles constitue donc un revers. Car le secteur oléicole représente l’un des piliers de l’agriculture tunisienne et une source majeure de devises pour le pays.
Mais malgré ce refus, les échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Union européenne devraient se poursuivre dans le cadre actuel de l’accord d’association. Celui-ci prévoit déjà des quotas d’exportation d’huile d’olive tunisienne bénéficiant d’un accès préférentiel au marché européen, un dispositif qui reste pour l’instant inchangé.
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