Iran : la répression et l’augmentation des peines de mort inquiètent les ONG

 Iran : la répression et l’augmentation des peines de mort inquiètent les ONG

Des portraits de manifestants iraniens tués sont exposés lors d’une manifestation contre le régime iranien en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, le 23 février 2026. (Photo de Fabrice COFFRINI / AFP)

Arrestations de masse, mineurs menacés d’exécution, les ONG alertent sur l’amplification de la répression du régime iranien.

 

Selon Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 51 000 personnes ont été arrêtées et 6 955 ont été tuées, dont une majorité de manifestants, lors des manifestations de janvier contre le régime iranien. Les autorités ont par ailleurs promis des « procès rapides » et une « réponse sévère » sans « aucune clémence », tout en qualifiant les manifestants de « criminels », « ennemis de Dieu » et « terroristes », rappelait Human Rights Watch, mardi (24 février) dans un communiqué.

Des propos qui font craindre le pire à Bahar Saba, chercheur sur l’Iran chez Human Rights Watch : « des familles cherchent encore leurs proches après les massacres des 8 et 9 janvier, les autorités continuent de terroriser la population (…) les détenus font face à la torture, à des « aveux » contraints et à des exécutions secrètes, sommaires et arbitraires ».

Peines de mort

Selon Amnesty international, « au moins 30 personnes encourent la peine de mort pour des infractions présumées en lien avec les manifestations de janvier 2026 », dont au moins huit ont effectivement « été déclarées coupables et condamnées à mort en février ».

Dans un communiqué (23 février), l’ONG dénonçait des « aveux obtenus sous la torture et de graves violations du droit à un procès équitable ». Parmi les personnes en attente de leur procès, deux seraient des mineurs âgés de 17 ans.

En outre, Amnesty rappelait que le recours à la peine de mort contre des mineurs est formellement interdit par le droit international. Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, pointait la stratégie des autorités iraniennes : « en se servant de la peine de mort comme d’une arme, elles cherchent à semer la peur et à briser le moral d’une population qui réclame des changements de fond ». 

Communauté internationale

Bahar Saba, membre de Human Rights Watch, réaffirmait l’urgence de laisser la communauté internationale enquêter sur ces détentions : « Compte tenu des immenses dangers auxquels sont confrontés les personnes détenues et disparues de force, les observateurs internationaux devraient immédiatement bénéficier d’un accès sans entrave à tous les centres de détention et prisons ».

Un avis partagé par Diana Eltahawy, qui espère une plus grande unité internationale contre la répression menée par l’Iran : « La communauté internationale doit dérouler une action coordonnée et faire pression sur les autorités iraniennes pour qu’elles cessent de se servir du système judiciaire comme d’un tapis roulant vers la potence ».