Île-Saint-Denis. « Ma cliente n’a jamais tenu de propos faisant l’apologie du terrorisme », Hosni Maati, l’avocat de la conductrice interpellée

 Île-Saint-Denis. « Ma cliente n’a jamais tenu de propos faisant l’apologie du terrorisme », Hosni Maati, l’avocat de la conductrice interpellée

Hosni Maati


Après 48 heures de garde à vue au commissariat de Saint-Denis, Samia, la conductrice de la Citroën C3, interpellée ce vendredi 18 octobre, dont le chien a été abattu par un policier a été relâchée vers 19h30 (voir nos éditions). Hosni Maati, avocat au barreau de Paris revient sur la garde à vue de sa cliente. 


LCDL : Vous avez accompagné une partie de la garde à vue de Samia, qui a duré 48 heures…


Hosni Maati : Oui. J’étais tout ce samedi avec elle. Contrairement à ce que la préfecture s’est empressée d’annoncer, ma cliente n’a jamais tenu de propos faisant l’apologie du terrorisme. D’ailleurs, le parquet ne la poursuit pas pour ces raisons, mais pour outrage, rébellion et menace envers une personne dépositaire de l'autorité publique. 


Selon vous, qu’est ce qui a poussé la préfecture de police de Paris à parler « d’apologie du terrorisme » ? 


C’est incompréhensible. Alors qu’il a été reproché à plusieurs reprises des prises de paroles trop rapides dans les affaires récentes, nous constatons là encore le même dysfonctionnement. Cela ne peut s’expliquer que par la volonté de s’assurer un total discrédit de ma cliente. 


A votre avis, pourquoi la qualification d’apologie du terrorisme n’a pas été suivie par le parquet ? 


Tout simplement, parce qu’elle ne tient pas la route. Très vite, dès hier (NDLR : samedi), nous savions que cette qualification n’allait pas être retenue. 


Vous parlez d’un témoin qui n’aurait pas pu être entendu par la police…


En effet. Un témoin direct s’est déplacé pour être entendu avant la fin de la garde à vue de ma cliente, mais la police a purement et simplement refusé de l’entendre. Sa version contredit la version policière. Quand il est arrivé, un de vos collègues de France 3 était sur les lieux. A défaut d’avoir été entendu par la police, il a pu livrer sa version aux médias. Je trouve cela très grave. Cela va à l’encontre du respect de la procédure.  


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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.