La Tunisie et le Maroc récompensés au Festival de la Poésie arabe aux Emirats

Photos Seif Soudani
Le Cheikh docteur Sultan bin Mohammed Al Qasimi, membre du Conseil suprême et gouverneur de Charjah, a présidé, lundi soir, la cérémonie d’ouverture de la 22ᵉ édition du Festival de Charjah de la poésie arabe aux Emirats arabes unis, organisée sur une période de sept jours au Palais de la Culture. Deux lauréats, tunisien et marocain, ont remporté respectivement deux distinctions majeures parmi les plus prestigieuses de l’évènement.
Par Seif Soudani, envoyé spécial
Cette édition phare réunit en l’occurrence plus de 80 poètes, critiques littéraires et professionnels des médias, venus de l’ensemble du monde arabe ainsi que de plusieurs pays africains.

À cette occasion, les invités ont assisté à la projection d’un documentaire intitulé « Des années de poésie », retraçant les efforts et l’initiative personnelle du souverain de Charjah dans la création des Maisons de la poésie à travers le monde arabe. Un projet culturel qui célèbre cette année son dixième anniversaire, et qui a largement contribué à la préservation et à la revitalisation du mouvement poétique arabe, en faisant de ces maisons de véritables lieux de rayonnement culturel du verbe, dédiés à la langue arabe et à la création littéraire, ainsi que des espaces de rencontre entre poètes et critiques.
Le gouverneur de Charjah a ensuite honoré le poète Dr Ahmed Belboulah, lauréat du Prix de Charjah de la poésie arabe, ainsi que les gagnants du Prix de Charjah de la critique poétique :
– Mahrez Ben Mohsen Rachdi (Tunisie), premier prix, pour son étude intitulée « La structure discursive dans la poésie arabe moderne (questions fondatrices et pratiques appliquées) »
– El Mehdi Al-Aâraj (Maroc), deuxième prix, pour sa recherche « La structure de l’expérience poétique dans le poème arabe contemporain, entre l’argument du renouvellement et la fragmentation du modèle »
– Al Hassan Mohamed Mahmoud (Mauritanie), troisième prix.
La soirée s’est poursuivie par des lectures poétiques assurées par la poétesse Najaat Al Dhaheri (Émirats arabes unis), le poète Dr Ahmed Belboulah (Égypte) et le poète Hizbar Mahmoud (Irak), puis dans une seconde partie par Mabrouk Sayyari (Tunisie), et Hanen Farfour (Liban) :
Un festival à la portée culturelle élargie
Au-delà de son programme officiel, le Festival de Charjah de la poésie arabe s’impose comme un espace culturel ouvert et parallèle, offrant aux participants des débats libres, des rencontres directes et des échanges approfondis entre poètes, critiques et journalistes.
Ce cadre interactif favorise la circulation des idées, l’émergence de nouvelles voix poétiques et leur mise en lumière sur la scène culturelle arabe. Par son rayonnement régional et africain, le festival contribue à consolider la poésie comme un vecteur vivant de dialogue culturel et de transmission de la langue arabe.
Le rôle central du mécénat de Sultan Al Qasimi
Le succès et la pérennité de cet événement s’inscrivent dans la vision culturelle de long terme portée par Sultan Al Qasimi (86 ans), reconnu pour son engagement constant en faveur des arts, de la culture et du savoir.
À travers son mécénat remarqué dans la région MENA, il a su doter la poésie arabe d’institutions durables, d’espaces d’expression et de reconnaissance, tout en soutenant la critique littéraire et plus généralement la formation intellectuelle. Cette politique culturelle émiratie ambitieuse a fait de Charjah un pôle incontournable de la culture arabe, où la poésie occupe une place centrale, non seulement comme art, mais aussi comme mémoire, identité et avenir via la formation es plus jeunes et la détection de talents jusqu’au Maghreb.
