Migration. Une centaine de personnes rendent hommage à un jeune décédé en traversant les Alpes

Vue aérienne du Montgenèvre par lequel tentent de passer certains migrants venant d'Italie

Amnesty International, la Cimade, Médecins sans frontières, Médecins du monde, le Secours catholique et l’ANAFÉ se sont associés à des associations et collectifs de la région de Briançon pour rendre hommage à un jeune Togolais décédé dans la nuit du 6 au 7 février entre Montgenèvre et Briançon.

Une centaine de personnes se sont ainsi réunies au Champ-de-Mars de Briançon pour attirer l’attention sur le drame en cours dans les Alpes françaises. « Un drame qui alerte nos associations qui (…) ne cessent de constater et de dénoncer les violations des droits de la part des autorités françaises à la frontière : renvois systématiques en Italie au mépris du droit, courses-poursuites, refus de prise en charge y compris des plus vulnérables », rappellent les ONG dans un communiqué.

« Ces pratiques poussent les personnes migrantes à prendre toujours plus de risques, comme celui de traverser par des sentiers enneigés, de nuit, en altitude, par des températures négatives, sans matériel adéquat », ajoutent-elles.

La jeune victime de 28 ans a été repérée au bord de la RN 94 par un chauffeur vers 2h30. La victime gisait inanimée, à côté de l'aire de chaînage de La Vachette, sur la commune de Val-des-Prés. Le décès a été officiellement constaté à 4 heures du matin au centre hospitalier des Escartons où il avait été transporté. Depuis plusieurs hivers, les associations locales alertent les pouvoirs publics sur les risques encourus par les migrants traversant la frontière franco-italienne à pied et prenant de plus en plus de risques pour éviter les patrouilles de gendarmerie.

Enquête ouverte pour « homicide involontaire »

« Ce qui est impensable, aujourd'hui, ce sont ces hommes et ces femmes dans le besoin, qui viennent chercher de la protection, et meurent sur nos routes », regrette un maraudeur qui arpente ces routes pour venir en aide aux personnes risquant la mort par hypothermie ou épuisement. Une tache rendue de plus en plus risquée en raison de la multiplication des poursuites judiciaires.

Les personnes qui ont répondu à l’appel à la mobilisation « ne sont pas des pro ou anti-migrants, juste des personnes qui ont envie de protéger d'autres êtres humains », explique un des soutiens du collectifs d’associations, dont Tous Migrants, Refuges solidaires, la paroisse de Briançon, la Mappemonde et la MJC et l'Association nationale des villes et territoires accueillants

À la suite de son décès, le parquet a ouvert une enquête pour « homicide involontaire et non-assistance à personne en péril ».

Rached Cherif

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