Mode.Hisham Oumlil, pour homme si affinités

credit photo : Presse / Hind Chaouat

Son job ? Tailler des costards aux stars. Celles qui vont à Cannes ou aux Oscars. En mai, dans sa ville d’origine, à Casablanca, le Marocain était l’un des membres du jury d’Afrifata, un festival dédié aux créateurs du continent africain. 

“Tous les détails importent lors d’un défilé. Au-delà du vêtement – de sa coupe, de sa couleur, de l’étoffe – la musique, les accessoires et les mannequins choisis sont primordiaux. Rien ne doit être laissé au hasard”, détaille ce styliste perfectionniste, installé aux Etats-Unis, où il habille le gotha masculin.

En l’invitant à rejoindre le jury de la première édition d’Afrifata, qui s’est tenue du 3 au 6 mai derniers à Casablanca, les organisateurs se sont assurés d’un regard aussi exigeant que bienveillant. “Il y a une quinzaine d’années, quand j’ai lancé ma marque (éponyme, ndlr), j’éprouvais la même pression, le même désir de reconnaissance que ces jeunes créateurs. Aujourd’hui, ils ont une place à prendre. Il me tarde de voir émerger un groupe de stylistes marocains ou issus du continent africain”, s’enthousiasme ce quadra plein d’espoir.

“Un pont entre le streetwear et le classique”

Pour que cette éclosion ait lieu, nombre de paramètres doivent être remplis. “Dans la mode, c’est important de raconter une histoire dont les racines parlent au public”, poursuit Hisham Oumlil. Son pitch à lui ? “Faire en sorte que l’homme renoue avec le raffinement qu’il a perdu depuis l’industrialisation du vêtement. Il y a un réel fossé entre les femmes et les hommes dans ce domaine. Personnellement, je propose des vêtements qui constituent un pont entre le streetwear et le classique.”

Tous ceux qui veulent retrouver un peu de classe ne peuvent se fournir chez Hisham Oumlil. Car le designer se permet le luxe de choisir ses clients. “Je m’entretiens toujours avec la personne avant de lui proposer quoi que ce soit. Et il faut que le courant passe entre nous”, explique ce self-made-man, qui a fait ses premiers pas dans la mode en tant que vendeur dans des boutiques de luxe en Californie, où il était venu faire ses études. Aujourd’hui, ses clients types sont banquiers, avocats ou architectes, “mais ils ont tous une âme d’artiste”, précise-t-il. Parmi ces derniers, on retrouve des stars du show-biz, comme le réalisateur Oliver Stone ou l’acteur Jon Hamm (Don Draper dans la série Mad Men).

Il était une fois le rêve américain

Rien ne prédestinait cet enfant de Casablanca, issu d’une famille modeste, à une telle success story. “Dès l’âge de 11 ans, j’attachais une importance particulière à mon allure, mais je n’imaginais pas pour autant faire de la mode mon métier, confie-t-il. Je me voyais plutôt footballeur et j’étais fasciné par la culture américaine.”

Lorsqu’il débarque en Californie, dans les années 1990, les tours jumelles ne se sont pas encore effondrées et le rêve américain existe encore. Pour arrondir ses fins de mois, le jeune étudiant travaille dans une boutique. Il gravit rapidement les échelons et sa passion pour la confection du vêtement est telle qu’il décide de lancer sa propre marque en 2005. Il a alors 30 ans et des poussières. En 2008, c’est la consécration. Il reçoit le prix de la star montante, décerné par le Fashion Group International. La suite ? Des défilés couronnés de succès à chaque Fashion Week. Alors, tentés par une allure “minimaliste inventive” ? Sachez qu’Hisham Oumlil n’a pas de point de vente. Il faut prendre rendez-vous. A l’ancienne... 

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