Nouvelles perspectives de croissance de la Banque mondiale pour la Tunisie

Dans sa plus récente mise à jour macroéconomique, la Banque mondiale a confirmé ses projections de croissance pour l’économie tunisienne sur les prochaines années, reflétant une confiance prudente dans une reprise graduelle malgré des défis persistants tant au niveau interne qu’externe.
Les perspectives de croissance de la Banque mondiale restent stables pour le pays, dans un contexte économique mondial incertain, si l’on prend en compte que la tendance baissière pour 2026 (en raison du ralentissement de l’activité agricole et manufacturière) sera compensée en 2027 : respectivement à 2,6% et 2,7%, un léger mieux donc par rapport aux dernières prédictions en date qui remontent au mois de juin.
Selon le rapport, les perspectives de croissance pour la Tunisie sur ces deux années ont ainsi été maintenues à leurs niveaux antérieurs, soulignant une certaine stabilité anticipée de l’activité économique. Cette décision traduit à la fois les éléments positifs, comme une reprise progressive de certains secteurs clés, mais aussi les contraintes continues pesant sur l’économie.
Un contexte international et régional contrasté
La Banque mondiale relève que, sur le plan mondial, la croissance reste globalement modérée, même si elle s’est révélée plus résistante que prévu face aux tensions commerciales et aux incertitudes politiques internationales. Cette dynamique internationale a influencé les anticipations pour l’économie tunisienne, qui reste étroitement liée aux grandes tendances régionales et mondiales.
Pourquoi ces prévisions restent inchangées ? Plusieurs facteurs expliquent cette stabilité dans les estimations. Il y a d’abord l’amélioration graduelle de certains équilibres macroéconomiques tunisiens, notamment « la réduction progressive des déséquilibres extérieurs et une reprise dans des segments comme l’agriculture et le tourisme », selon la Banque.
Il y a ensuite les effets de l’environnement international, où une croissance mondiale plus forte qu’attendu — portée par les États-Unis et d’autres grandes économies — a modéré les risques baissiers. Enfin, les contraintes structurelles persistantes, telles que l’accès limité au financement extérieur, un climat des affaires encore fragile et des lacunes en matière de réformes économiques révélées par la loi de finances 2026.
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La Banque mondiale rappelle que la réalisation de ces projections reste fortement dépendante de la poursuite des réformes structurelles, dont « l’assainissement des finances publiques, l’amélioration de l’environnement des affaires et un renforcement de la gouvernance économique ».
Même si les chiffres de croissance ne montrent pas d’accélération spectaculaire, leur maintien reflète une certaine résilience inattendue de l’économie tunisienne dans un environnement global complexe.
« Pour démentir les prévisions les plus pessimistes, l’Etat tunisien devra éliminer l’un après l’autre les obstacles qui entravent la dynamique entrepreneuriale en accélérant l’adoption d’un code d’investissement attractif mais également la révision du code de change qui, lui aussi, est devenu caduc et dont la réforme traine depuis des années » commente l’analyste Hassen Ghdiri pour qui la récente révision du code de change va dans le bon sens.
