Palestine : enregistrement compliqué pour les ONG, aide entravée

 Palestine : enregistrement compliqué pour les ONG, aide entravée

Gaza, septembre 2025. MSF contraint de suspendre ses activités et de quitter certaines zones face à l’offensive israélienne. BASHAR TALEB / AFP

Suite à des conditions d’enregistrement durcies, au terme de l’année 2025, plusieurs organisations internationales se sont vues signifier la fin imminente de leurs activités à Gaza.

Selon Médecins sans frontières (MSF), le 30 décembre dernier, 37 ONG internationales se sont vues notifier la fin de leur enregistrement, en date du 31 décembre 2025. Les organisations ont désormais deux mois pour cesser leurs opérations à Gaza et en Cisjordanie.

« Nous avons effectué les démarches administratives nécessaires, et fourni les informations demandées au ministère de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme (MDA) israélien, à l’exception du partage de la liste des membres palestiniens de notre organisation », expliquait MSF dans un communiqué (9 janvier).

L’organisation tentait depuis plusieurs mois de renouveler son enregistrement en Israël, condition sine qua non pour intervenir en territoire palestinien occupé.

Employés palestiniens

Dans le cadre de leur enregistrement, les organisations étaient, depuis peu, tenues de soumettre à Israël des listes complètes de personnel et d’autres informations sensibles sur le personnel et leurs familles.

Une condition refusée par MSF : « MSF réitère ses inquiétudes concernant le partage d’informations sur ses employés palestiniens avec les autorités israéliennes, en particulier dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont harcelés, détenus arbitrairement, attaqués et tués en grand nombre ».

Les autorités israéliennes justifieraient cette demande par la présence de membres de groupes armés, parmi le personnel de MSF.

Obligation

« L’État d’Israël, en tant que Puissance occupante, doit s’acquitter des obligations qui lui incombent en vertu du droit international humanitaire », indiquait la Cour internationale de justice (CIJ) dans un avis rendu le 22 octobre.

Parmi les obligations incombant à Israël figure notamment l’acheminement de produits essentiels à la vie quotidienne (eau, nourriture…).

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, répondait, le 22 octobre sur X, qu’Israël rejetait « catégoriquement » l’avis consultatif : « Il s’agit d’une nouvelle tentative politique d’imposer des mesures politiques contre Israël sous le couvert du « droit international ».