Palestine : les ONG continuent d’œuvrer malgré l’expiration du délai

 Palestine : les ONG continuent d’œuvrer malgré l’expiration du délai

Des patients palestiniens quittent la clinique de Médecins Sans Frontières dans le quartier d’al-Rimal à Gaza, le soir du réveillon du Nouvel An, le 31 décembre 2025. MS affirme sa détermination à rester dans les territoires palestiniens occupés malgré l’expiration du délai imposé par les autorités israéliennes. Omar AL-QATTAA / AFP

Les autorités israéliennes avaient laissé deux mois à 37 ONG pour cesser leurs activités en Palestine. Dans l’incertitude, les organisations appellent à continuer d’envoyer de l’aide humanitaire.

 

À la suite du non-renouvellement de leur enregistrement en Palestine, 37 organisations humanitaires avaient jusqu’au 1er mars pour cesser leurs opérations à Gaza et en Cisjordanie.

Malgré l’expiration du délai, dans un communiqué du 27 février, Médecins Sans Frontières (MSF) affirmait être « déterminée à rester dans les territoires palestiniens occupés aussi longtemps que possible ».

Par ailleurs, l’organisation révélait que, depuis le début de l’année 2026, les autorités israéliennes l’empêchaient d’envoyer du personnel étranger et du matériel en Palestine.

Toujours selon MSF, les autorités israéliennes restreindraient « fortement » l’accès à l’eau et aux soins médicaux. L’ONG appelle « à un afflux massif d’aide ainsi qu’à un accès humanitaire sans entrave à Gaza ».

Droit international

Le 22 octobre dernier, dans un avis, la Cour internationale de justice (CIJ) rappelait que « l’État d’Israël, en tant que Puissance occupante, doit s’acquitter des obligations qui lui incombent en vertu du droit international humanitaire ».

Parmi les obligations incombant à Israël figurent notamment l’acheminement de produits essentiels à la vie quotidienne (eau, nourriture…) et « l’interdiction d’utiliser la famine comme méthode de guerre ».

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, répondait, le même jour sur X, qu’Israël rejetait « catégoriquement » l’avis consultatif : « Il s’agit d’une nouvelle tentative d’imposer des mesures politiques contre Israël sous le couvert du « droit international » ».

Silence ?

Selon le secrétaire général de MSF, Christopher Lockyear, son organisation a fait l’objet d’une campagne de « délégitimation », visant à la discréditer pour la réduire « au silence » et « entraver la fourniture de soins ».

En outre, l’organisation accuse les autorités israéliennes d’avoir un objectif clair en chassant les ONG des territoires palestiniens : « dans un contexte où les journalistes internationaux sont interdits d’accès et où les journalistes palestiniens sont régulièrement tués, réduire davantage l’accès des ONG est un moyen supplémentaire d’éliminer les témoins des violences en cours et de leurs conséquences sur les populations ».

Dans un rapport publié le 25 février, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dénombrait 129 journalistes et employés de presse tués en 2025. Selon l’ONG, 86 journalistes ont été tués à Gaza, dont plus de 60 % de Palestiniens.