Politique.Algérie - « C'est l'élection qui est rejetée ! »

RYAD KRAMDI / AFP

C'est aujourd'hui que l'Algérie est appelée à aller voter pour choisir son président. Une élection rejetée par la majorité du peuple Algérien.

Election rejetée

« Au-delà des hommes, c'est l'élection qui est rejetée. Parce que nous sommes dans un contexte de répression, parce qu'il n'y a pas de liberté fondamentale, parce qu'il n'y a pas de médias libres. Et parce que c'est le pouvoir, l'ancien système qui gère les élections » explique Farid Yaker, président du Forum France-Algérie. Alors que les Algériens sont appelés, aujourd'hui (12 décembre), aux urnes pour élire un nouveau président afin de succéder à Abdelaziz Bouteflika, le grand mouvement de contestation nationale semble loin de s'arrêter pour autant.

Le même système ?

En septembre dernier était créée l'Autorité Nationale Indépendante des Elections (ANIE), voulue « permanente et indépendante et impartiale » et devant veiller à « la concrétisation et à l'approfondissement de la démocratie constitutionnelle et à la promotion du régime électoral conduisant à l'alternance pacifique et démocratique au pouvoir ».

Des promesses bien vite effacées à la vue des cinq candidats retenus pour cette élection présidentielle : deux ex-Premiers Ministres, deux ex-Ministres et un ex-Député du FLN. Des candidats ayant fait campagne dans des salles loin d'être remplies, de façon assez confidentielle.

Changer

La campagne est donc largement rejetée par les manifestants du « Hirak », grand mouvement de contestation nationale qui dure depuis le mois de Février. Pour Farid Yaker, la question n'est plus de savoir qui sera Président : « Les Algériens ne se posent pas cette question. Ils regardent les conditions des élections, qui les organise, en l’occurrence le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur qui fraudaient dans le passé. Des anciens ministres de Bouteflika. Les Algériens veulent changer le système ».

Répressions

A l'approche des élections la répression s'est intensifiée avec des arrestations et des condamnations à des peines de prison en cascade. C'est aussi pourquoi, selon le président du Forum France-Algérie, le président qui sera élu sera « au mieux un président de la transition », avec deux scénarios possibles pour la suite :

« Soit il va être l'homme qui va gérer la transition pour le système et amorcer le dialogue vers une sortie de crise. Soit on rentre dans un « tout répressif ». Ce qui est certain c'est que le peuple ne fera plus jamais marche arrière ».

Autant dire qu'il est très probable que les manifestations ne s'arrêtent pas, même après les élections.

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