Politique. Democracy Index 2019 : la moyenne pour la Tunisie et le Maroc

Comme les années précédentes, seuls deux pays arabes obtiennent plus de 5/10 dans le Democracy Index publié par The Intelligence Unit du magazine britannique The Economist. Globalement, les auteurs de l’étude pointent « une année de revers pour la démocratie et de protestation populaire ».

2019 est la « pire année depuis 2006 » pour la démocratie, s’alarme le rapport. La moyenne mondiale recule à 5,44, contre 5,48 un an auparavant. Une tendance tirée par une dégradation de la situation en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et, dans une moindre mesure, par l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (MENA). Les moyennes européenne et asiatique stagnent, tandis que seule l’Amérique du Nord connaît un léger progrès grâce au Canada.

Même faible, la régression de la région MENA s’ajoute à plusieurs années de recul depuis 2012, qui ont achevé d’effacer les gains du printemps arabe en 2011. Toutefois, la faible moyenne régionale recouvre d’importantes disparités.

Comme en 2018, le trio de tête est formé par les pays d’Europe du Nord : Norvège, Islande et Suède. Au total, sept pays européens se classent dans le top 10 mondial. À noter également le retour de la France et du Portugal dans le club fermé des démocraties, après un passage en 2018 par la catégorie des démocraties imparfaites.

Hors du Maghreb, les pays arabes continuent d’ignorer la démocratie

Avec sa « démocratie imparfaite », la Tunisie est le seul pays arabe à tirer son épingle du jeu. Après trois ans de baisse, le berceau du Printemps arabe retrouve son meilleur score de 2015 avec 6,72/10. « Le pays a organisé un second tour d’élections libres, au cours desquelles de nouveaux groupes et acteurs politiques sont apparus », notent les observateurs. La Tunisie gagne ainsi 10 places dans le classement mondial, au 53e rang, entre le Brésil et les Philippines.

Deux autres pays du Maghreb, le Maroc et l’Algérie, forment avec le Liban un trio de « régimes hybrides ». Le Maroc, deuxième pays arabe du classement, gagne 4 rangs à 96e place. L’Algérie fait quant à elle un bond de 13 places, passant du 126e au 113e rang mondial, et quitte ainsi la catégorie des régimes autoritaires. Cependant, « le score moyen du pays est de 4,01, juste au-dessus de la frontière entre les deux catégories, et les gains sont fragiles », précisent les auteurs, en référence au mouvement populaire qui a poussé le président Bouteflika à la démission, mais peine à se débarrasser des caciques du régime. En effet, « la puissante armée algérienne a utilisé des mécanismes constitutionnels pour asseoir sa domination » et tenir des élections contestées par la rue.

Sur les 18 pays arabes, l’index compte 14 régimes autoritaires, dont quelques-uns des plus mauvais élèves de la planète en matière de démocratie : Émirats arabes unis (145e mondial), Soudan (147e), Bahreïn (149e), Iran (151e), Libye (156e), Yémen (158e), Arabie saoudite (159e) et Syrie (164e).

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