Politique.Polémique autour d’une fresque raciste à l’Assemblée nationale

Une partie du tableau consacré à l’abolition de l’esclavage en France en 1794, peint par Hervé Di Rosa et accroché à l’Assemblée nationale depuis 1991. Capture d'ecran - Twitter / Hervé di Rosa

Deux Noirs, lèvres gigantesques et yeux exorbités. Ce tableau de Hervé Di Rosa se trouve dans les couloirs du Palais-Bourbon. Une pétition réclame son retrait.

Cette polémique pose une vraie question : l’art peut-il être accusé d’être raciste ? Les associations antiracistes ont une réponse évidemment catégorique : la fresque murale exposée sur les murs de l’assemblée nationale doit être décrochée.

Une pétition lancée au début du mois réclame le retrait de cette œuvre d’art signée Hervé Di Rosa où l’on peut voir des visages de Noirs aux grosses lèvres qui ne sont pas sans rappeler effectivement les heures les plus coloniales et esclavagistes de l’histoire française.

Le texte s’adresse directement au président de l’Assemblée nationale et aux députés, qui n’ont pour l’instant pas donné de réponse.

Insulte humiliante et déshumanisante

La pétition est à l’initiative de Mame-Fatou Niang, une enseignante-chercheuse et réalisatrice du documentaire « Mariannes noires » : « Le 8 mars 2018, je suis sonnée devant cette fresque que je découvre à l’Assemblée Nationale à Paris », peut-on lire dans les premières lignes de ce texte, co-écrit avec le romancier Julien Suaudeau, « cette « œuvre » constitue une insulte humiliante et déshumanisante aux millions de victimes de la traite, ainsi qu'à tous leurs descendants ».

A ce jour, près de 3 000 personnes ont signé cette pétition qui réclame donc le retrait de la peinture du Palais-Bourbon.

« Les formes sont à tout le monde »

Cette fresque, de deux fois 20 mètres de long, est censée représenter l’abolition de l’esclavage en France en 1794. Et c’est apparemment tout l’effet inverse qu’elle produit. Ce tableau est installé sur les murs de l’Assemblée nationale depuis 1991.

« Je ne vais pas me justifier que tous mes personnages ont de grandes lèvres. Les formes sont à tout le monde. Alors, on va reprocher à Picasso de peindre des femmes horribles avec de grands sexes », a tenté de répondre l’artiste suite à ces attaques.
 

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