Proche-Orient. Eurovision : Une centaine d’artistes français dénoncent le régime « d’Apartheid »

L’édition 2019 du concours de l’Eurovision se tiendra du 14 au 18 mai en Israël puisque la règle veut que le pays vainqueur de la compétition accueille l’édition suivante. Dès la victoire de la candidate israélienne Netta Barzilai l’an dernier, les appels au boycott se sont multipliés, y compris parmi les artistes. Derniers en date, une centaine d’artistes français ont signé une tribune dénonçant une opération de blanchiment du « système de discriminations légales et d’exclusion qui y sévit contre les Palestiniens ».

La récente flambée de violence dans la bande de Gaza, qui a tué 4 Israéliens et 23 Palestiniens, a relancé la polémique sur la tenue à Tel-Aviv du célèbre concours musical. Récemment, une cinquantaine de personnalités britanniques, dont le chanteur Peter Gabriel et le cinéaste Ken Loach, ont appelé à boycotter l'édition pour protester contre la « violation systématique par Israël des droits des Palestiniens ».

Le 10 mai, c’était au tour d’une centaine d’artistes français de lancer leur coup de gueule dans une tribune publiée sur le site de Médiapart. Parmi les signataires figurent les dessinateurs Willem et Tardi, Imhotep du groupe IAM, la chanteuse Elli Medeiros, le réalisateur franco-irakien Abbas Fahdel, l’écrivain et militant de la cause palestinienne Éric Hazan ou encore la dessinatrice Willis from Tunis.

Ensemble, ils dénoncent une opération de communication sous prétexte de concours artistique. « En août, un F16 israélien a détruit le centre Said al-Mishal à Gaza, lieu de musique, de théâtre et de danse. Des artistes palestinien·ne·s, actrices, acteurs et musicien·ne·s se voient régulièrement empêchés de voyager par les autorités israéliennes d'occupation (…) emprisonné·e·s pour “incitation au terrorisme” », rappellent-ils. Dès lors, l’Eurovision servira selon eu à« divertir des violations des droits humains à l’égard des Palestinien·ne·s. Discrimination et exclusion sont profondément ancrées en Israël, où notamment la loi “Israël, État-nation du peuple juif” a été adoptée le 19 juillet 2018, proclamant que seuls les Juifs ont le “droit à l'autodétermination nationale”, entérinant ainsi officiellement l'apartheid ».

Le Concours Eurovision 2019 aura d’ailleurs lieu dans le quartier de Ramat Aviv de la capitale israélienne, construit sur les ruines de Sheikh Muwannis, « l'un des centaines de villages palestiniens vidés de leurs habitants et détruits en 1948, lors de la création de l'État d'Israël ». Les signataires demandent donc à « France Télévisions et la délégation française à ne pas servir de caution au régime qui envoie ses snipers tirer tous les vendredis contre les enfants désarmés de la marche du retour à Gaza».

« Nous, artistes et travailleur·se·s culturels français, qui signons cet appel, n’irons pas à Tel-Aviv blanchir le système de discriminations légales et d’exclusion qui y sévit contre les Palestiniens », annoncent-ils. Ils se refusent à servir de caution au régime raciste : « nous ne l’aurions pas accepté pour l’Afrique du Sud, nous ne l’accepterons pas pour Israël », concluent-ils.

Rached Cherif

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