Racisme dans le football : Hannibal Mejbri ciblé après le nul de Burnley

 Racisme dans le football : Hannibal Mejbri ciblé après le nul de Burnley

Hannibal Mejbri

L’international tunisien Hannibal Mejbri, évoluant actuellement sous les couleurs de Burnley FC, a été la cible d’un message raciste via le réseau social Meta, à l’issue d’une rencontre de Premier League conclue par un match nul obtenu le 21 février à l’extérieur face à Chelsea FC.

Selon les premiers éléments, le message proviendrait d’un individu se présentant comme un supporter des Blues, frustré par le résultat jugé humiliant : quatrième du championnat anglais, Chelsea décroche au classement après ce nul à domicile face au reléguable modeste Burnly, un résultat auquel le milieu de terrain Mejbri a grandement contribué, avec une performance remarquée par les commentateurs.

Le contenu, à caractère explicitement raciste (« Tu n’es qu’un singe terroriste », suivi de trois émoticônes de singe (sic), a été rendu public via une story par le joueur lui-même, qui a choisi d’exposer cette dérive afin de dénoncer « la persistance de tels comportements dans le football anglais », ajoutant « en 2026, il existe encore des gens agissant de la sorte, éduquez vos enfants svp ».

Car il ne s’agit hélas pas d’un cas isolé. Depuis plusieurs saisons, les joueurs issus de minorités visibles évoluant dans les championnats européens font régulièrement l’objet d’attaques haineuses en ligne. Malgré les campagnes de sensibilisation et les slogans affichés sur les pelouses anglaises, la réalité numérique demeure marquée par des débordements inquiétants.

L’Espagne n’est pas en reste puisque le 17 février, un incident majeur du même type a opposé le brésilien Vinicius Junior un à un joueur du club portugais Benfica aux barrages de la Ligue des champions, qui l’aurait aussi traité de « singe » en se couvrant le visage. L’arbitre avait alors immédiatement engagé le protocole Fifa antiracisme en suspendant momentanément le match. Une enquête a été ouverte.

 

Compte suspendu et enquête en cours

Face à la gravité des faits, Instagram a rapidement procédé à la clôture du compte incriminé, dans l’attente des conclusions d’une enquête interne. La plateforme a rappelé que les discours de haine enfreignent ses règles communautaires et peuvent entraîner des sanctions définitives.

Du côté des instances sportives, la tolérance zéro à l’égard du racisme est régulièrement réaffirmée. La Premier League et les clubs britanniques multiplient les initiatives pour identifier les auteurs de messages haineux, y compris lorsque ceux-ci agissent sous couvert d’anonymat. Toutefois, la répétition de tels incidents pose la question de l’efficacité des dispositifs actuels et du rôle des réseaux sociaux dans la modération des contenus.

Pour Hannibal Mejbri, cette nouvelle attaque souligne la vulnérabilité persistante des joueurs face à la résurgence des dérives numériques. En rendant public le message reçu, le milieu tunisien contribue à maintenir la pression sur les plateformes et les autorités sportives. Au-delà du cas individuel, l’affaire relance un débat plus large sur la responsabilité collective dans la lutte contre le racisme, qui continue d’empoisonner le football européen.