Religion. Islam et laïcité : « pas incompatibles » pour Gérard Larcher

Dans une série d'entretien avec le philosophe Marcel Gauchet, Gérard Larcher donne sa vision de la laïcité et de la place de l'islam.

Le président du Sénat Gérard Larcher se livre, dans une série d’entretiens avec le philosophe Marcel Gauchet, à une réflexion sur la laïcité et la place de l’islam, estimant que l’enjeu se noue autour l’émergence d’un « islam adapté » acceptant les principes républicains et la démocratie. 

Alors que l’exécutif a rangé mis en pause son chantier sensible de la révision de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, le Sénat publie une série d’entretiens animés par le journaliste de Paris-Match Bruno Jeudy dans lesquels son président propose de faire un état des lieux de la laïcité et notamment de la place de l’islam.

« Avant de renforcer les principes de la laïcité, il faut les faire respecter ! Est-ce le cas ? Non », tranche M. Larcher, homme fort du parti Les Républicains et troisième personnage de l’État. « La plupart des religions ont parcouru le chemin de la conciliation avec la laïcité. Quant à l’islam, ce n’est pas dans sa nature de le faire spontanément. Il faudra donc faire naître cet “islam adapté” dont parlent très bien des auteurs de confession musulmane », ajoute-t-il.

Pour le président de la chambre haute, l’enjeu se noue autour de l’acceptation par l’islam des principes républicains et de la démocratie. « Je ne les crois pas incompatibles. Mais cela nécessite un effort et du temps », estime-t-il. Dans ce processus qu’il appelle de ses vœux, l’État aurait son rôle à jouer. « Une ère nouvelle doit s’ouvrir pour l’État vis-à-vis des cultes, non pas celle de l’intrusion, mais celle de l’accompagnement en tenant compte de leurs besoins et de leurs spécificités. Il convient donc d’accompagner la communauté musulmane, avec exigence, mais c’est d’abord à elle qu’il revient de s’organiser, de se financer, de se libérer des tutelles extérieures ».

Des listes salafistes aux municipales ?

Interrogé sur la possibilité que des salafistes ou les Frères musulmans cherchent à infiltrer les listes électorales dans certains quartiers pour les municipales de mars 2020, M. Larcher estime que « le problème pourrait se poser en certains points du territoire ». « Les élus, l’État se doivent d’être attentifs et d’adopter une attitude responsable ».

Plus généralement, le président du Sénat affirme que « l’exercice d’une politique publique du fait religieux doit pouvoir concilier la liberté de culte, la protection de l’ordre public et la mise en exergue du rôle public et social des religions en vue de renforcer la cohésion nationale ».

Il suggère que le « Bureau central des cultes », au ministère de l’Intérieur, soit « transformé en un Secrétariat général auprès du Premier ministre, afin de quitter la seule sphère de l’ordre public au profit d’une dimension nouvelle : il s’agit d’assurer le respect de la loi et de mener une démarche d’accompagnement s’agissant des différents cultes », conclut-il.

Rached Cherif

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