Sahara : lecture politique d’un repositionnement algérien sous contrainte internationale

 Sahara : lecture politique d’un repositionnement algérien sous contrainte internationale

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et Massad Boulos, Senior Advisor for Arab and African Affairs (Conseiller principal pour les affaires arabes et africaines).

Les rencontres diplomatiques organisées à Madrid entre les ministres des Affaires étrangères de l’Espagne, de la Mauritanie et de l’Algérie, suivies par l’entretien avec le chef de la diplomatie marocaine, s’inscrivent dans un contexte international marqué par une volonté accrue de relancer le dossier du Sahara selon une approche plus réaliste.

Par Jamal Anwar, analyste géopolitique spécialisé dans les affaires internationales

 

Jamal Anwar, Analyste géopolitique spécialisé dans les affaires internationales

L’élément le plus significatif réside dans l’évolution de la posture algérienne. En acceptant de participer à ces discussions, Alger semble reconnaître, de facto, son statut de partie directement concernée par le différend, une position que le Maroc défend de longue date et que confirment les résolutions successives du Conseil de sécurité.

Ce changement de ton s’explique par un environnement diplomatique profondément transformé. L’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté nationale s’impose désormais comme la référence centrale du débat, soutenue par les États-Unis et bénéficiant d’un appui international de plus en plus large. Dans ce cadre, la marge de manœuvre des approches alternatives s’est considérablement réduite.

Le rôle de l’Espagne apparaît également déterminant. Après des décennies de positionnement ambigu, Madrid a clarifié sa ligne diplomatique en considérant le plan d’autonomie marocain comme la base la plus sérieuse et réaliste pour une solution politique durable. Cette évolution reflète une lecture stratégique des enjeux de stabilité au sud de la Méditerranée, devenue une priorité pour l’Europe.

Le communiqué algérien publié à l’issue des rencontres de Madrid illustre cette inflexion. Le recours à un langage neutre et l’abandon des références idéologiques habituelles traduisent une tentative d’adaptation à un rapport de forces international désormais moins favorable.

De son côté, le Maroc poursuit une stratégie fondée sur la cohérence diplomatique et le développement effectif de ses provinces du Sud, renforçant ainsi la crédibilité de sa proposition. Plus qu’un discours, Rabat met en avant des résultats concrets et une vision de long terme.

En définitive, sans constituer un règlement définitif du dossier, les évolutions actuelles témoignent d’un passage progressif d’une logique de confrontation à une gestion politique plus pragmatique du conflit, dans laquelle la référence marocaine s’impose comme cadre incontournable de discussion.