Société.Le témoignage de Joy agressée par des agents de la RATP

Radiographie de la hanche déboitée de Joy Ornella suite à son agression par les agents de la RATP à la gare de Rueil Malmaison, vendredi 7 septembre 2018. Crédit Photo : Joy Ornella

Une semaine jour pour jour après son agression par des contrôleurs de la Ratp, Joy Ornella, 33 ans, est toujours sous le choc. "Je suis obligée de rester allongée et je ne vais pouvoir poser le pied pendant trois mois", explique-t-elle dégoûtée alors qu'elle sort tout juste de l'Unité Médico Judicaire. Verdict:  45 jours d'Itt provisoire. "Ça peut monter jusqu'à 70", lâche-t-elle dépitée. 

Tout commence ce vendredi 7 septembre. Il est 18h30. Joy est à la gare de Rueil-Malmaison (92). Elle doit se rendre à Paris. "La machine pour prendre un titre de transport n'acceptait que la carte bleue. Et je n'avais que des pièces sur moi alors je suis passée avec quelqu'un", raconte celle qui est originaire de l'île de la Réunion, en métropole depuis seulement 9 mois. "Je suis venue à Paris pour être aux côtés de ma mère qui est très malade", détaille-t-elle. 

Sans titre de transport, Joy est alors mise de côté par les trois contrôleurs. "Je leur ai expliqué pourquoi je n'avais pas pu prendre de tickets mais ils n'ont rien voulu entendre. Je comprends qu'ils m'aient verbalisée mais ce que j'ai subi, je ne le souhaite à personne", explique la trentenaire. 

Joy affirme avoir été encerclée très vite. "Alors que j'essayais de me dégager de cette proximité angoissante, un des trois contrôleurs m’a saisi à la gorge. J'ai essayé de me défendre et j’ai attrapé son tee-shirt sans le lâcher. Je les ai alors entendu dire « mettez-la au sol, mettez-la au sol » et à trois, il ont plaqué mes 57 kilos au sol, la tête en avant, sur le ventre", détaille Joy qui se souvient que l'un d'entre eux faisait 1m95. "Je les ai supplié d'arrêter. Ma jambe était pliée a 90° vers l'intérieur et je ne pouvais plus bouger", se souvient-t-elle avec douleur. 

"La violence a été tellement forte, qu'ils m'ont déboîté la hanche", peste encore Joy. 

"Ma cliente a déposé plainte. Son état de santé est altéré. Elle est également affectée psychologiquement. Elle souffre d'une luxation de la hanche. Le préjudice est important et les blessures incontestables", explique Maître Sarah El Hammouti, son avocate.  


Du côté de la Ratp, on prend l'affaire très au sérieux. Réda Benrerbia délégué du personnel et secrétaire général du syndicat SAT-RATP a été mis au courant très vite de l'agression qu'aurait subi "cette voyageuse". "Nous avons demandé aux responsables de la régie qu'une enquête interne soit diligentée comme à chaque fois qu'une agression de ce genre a lieu. Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Bien entendu, s'il y a eu faute des salariés, l'employeur ne manquera pas de les sanctionner. Je tiens également à rappeler que le métier de contrôleur n'est pas un métier facile et qu'il arrive que certains de nos agents soient  blessés". 

"Je ne vais pas pouvoir travailler au minimum pendant trois mois. Ma hanche, c'est mon outil de travail", rappelle de son côté Joy, bien décidée à ne rien lâcher. 

"Beaucoup d'affaires de ce type mettant en cause les contrôleurs de la RATP ont été classées sans suite", croit savoir Joy. "Verbaliser est une chose, violenter les usagers ne fait pas partie de leurs attributions. Voilà pourquoi je vais me battre jusqu'au bout. Pour que cela n'arrive plus", conclut-t-elle. 

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