Société. Les pays musulmans se mettent à l’heure ramadanesque, mais pas la même

Les administrations tunisiennes ralentissent leur activité, ici le ministère du Tourisme, pendant le mois de ramadan.

La prophétie d’Ibn Khaldoun se vérifie une nouvelle fois : les pays arabes entrent en ordre dispersé dans le mois de ramadan de l’an 1440 du calendrier hégirien. Pour les jeûneurs, c’est le début d’un mois d’abstinence, mais aussi surtout un mois où la machine économique tourne au ralenti, de l’Atlantique au Golfe persique.

Les musulmans d’Arabie Saoudite ont commencé à jeûner ce lundi 6 mai, tout comme ceux d’Algérie, de Tunisie, du Qatar, du Koweït, de Turquie et d’Irak – du moins les sunnites. Les près de 6 millions de musulmans de France ont également été appelés à commencer leur mois de jeûne lundi par le Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le Maroc et Oman ont en revanche fixé le début du ramadan au mardi 7 mai. De même que le Pakistan, l’Inde, l’Iran et les chiites du Liban et d’Irak. Cas particulier, le Mali a commencé son mois de ramadan dimanche 5 mai.

Parfois, comme au Sénégal, les musulmans d’un même pays se divisent sur la date de début du mois saint. La Commission nationale sénégalaise de concertation sur le croissant lunaire a fixé la date du début de jeûne pour mardi 7 mai, tandis que la Coordination des musulmans du Sénégal (CMS) ayant annoncé un début du ramadan pour la veille.

Une vie au ralentie… en journée

Dans la ville, c’est donc le début de 29 à 30 jours d’activité léthargique. Les longues journées de la fin de printemps vont en effet rapidement connaître des températures en hausse, rendant le jeûne de plus en plus difficile. Parmi les pays musulmans, c’est en Algérie que la durée du jeûne sera la plus longue, avec des journées de 16 heures en moyenne. En France, cette durée dépassera même les 18 heures début juin, selon les horaires diffusés par la Grande Mosquée de Paris.

Comme chaque année, les autorités de plusieurs adaptent les horaires de travail dans les administrations et les services publics ; elles sont généralement imitées par la plupart des entreprises privées et des commerces. En Tunisie, les administrations et établissements publics ne sont ouverts que de 8 h à 14 h 30. Fermeture avancée à 13 h le vendredi pour cause de grande prière. En Algérie, les services publics travaillent de 7 h du matin à 14 h au sud et de 9 h à 16 h pour les wilayas du nord.

Les transports publics changent également de rythme pour s’adapter aux besoins de cette période de l’année. Comme à Casablanca au Maroc, les bus et tramways démarrent plus tôt que le reste de l’année pour permettre aux usagers de se rendre sur leurs lieux de travail et s’arrêtent juste avant la rupture du jeûne pour quelques dizaines de minutes en général. Tout usager du tramway de Casablanca, Tunis ou d’autres villes de la région a au moins une fois dans sa vie eu la malchance de rater le dernier train et de se retrouver dans une ville désertée par ses habitants et les taxis, sans pouvoir rejoindre sa famille ou son domicile à temps pour l’heure du repas.

La vie nocturne étant aussi beaucoup plus animée pendant ce mois de ramadan, la plupart des services de transport prévoient également davantage de moyens après le dîner et des horaires rallongés.

Rached Cherif

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