Tunisie.A Paris, Chahed remet une lettre de Saïed à Macron

Youssef Chahed est arrivé lundi soir 11 novembre en France où il effectue une visite de travail, sans doute sa dernière en tant que chef de gouvernement. Il y est notamment chargé de remettre une lettre du chef de l’Etat, Kais Saïed, à son homologue français, Emmanuel Macron.

Chahed fut aussi reçu par Edouard Philippe à Matignon dans la même soirée de lundi

C’est à cette même occasion que Youssef Chahed prendra part aux travaux de la deuxième édition du Forum de Paris sur la Paix, qui se tiendra les 12 et 13 novembre 2019. Le chef du gouvernement se rendra également par ailleurs en Italie mercredi 12 novembre, toujours à la demande du président fraîchement élu Kais Saïed.

Selon la présidence de la République, lors de ce même déplacement aux allures de tournée européenne, Chahed remettra un message écrit au président de la République italienne, Sergio Mattarella, ayant trait à la « consolidation des relations bilatérales entre les deux pays », selon les termes quelque peu vagues de la même source.

Cette mission présidentielle explique la présence parmi la délégation tunisienne de Abderraouf Bettbaieb, ministre conseiller du président de la République et homme fort du Palais. Une mission néanmoins pas du goût de tous, qui selon certains analystes contrevient au protocole en vigueur et à l’esprit de la Constitution de 2014, même si les relations entre Saïed et Chahed semblent au beau fixe depuis la présidentielle : plus que cordiales.

Indignation d’Amel Belhadj Ali

Ainsi dans une cinglante tribune titrée « Monsieur le Président, on ne charge pas un chef de gouvernement de messages écrits », l’éditorialiste Amel Belhadj Ali souligne que « notre président de la République, élu au suffrage universel direct, mode de désignation lui conférant une légitimité démocratique sur cinq ans mais non doté de l’étendue des pouvoirs dont jouit le chef du gouvernement de par les larges prérogatives que lui confère la Constitution, semble avoir décidé d’instaurer de nouvelles règles dans la gestion des affaires de l’Etat et des relations de la Tunisie avec la communauté internationale ».

La journaliste regrette une distraction non nécessaire au moment où « le chef de l’exécutif doit plancher aujourd’hui sur la gestion des démissions des plusieurs de ses ministres dans l’attente de la constitution du nouveau gouvernement, de l’examen du budget de l’Etat avant de le soumettre à la nouvelle ARP et préparer la relève, si non reconduit, pour son prédécesseur, notre président, lui, le charge pour la énième fois de transmettre une lettre à l’un de ses homologues » […] « De l’histoire de la Tunisie, jamais nous n’avions vécu pareilles pratiques ! », s’émeut-elle.

Les priorités de la présidence de la République étant visiblement autres, Kais Saïed semble surtout collaborer avec Youssef Chahed en tant que chef de gouvernement sortant, chargé de l’expédition des affaires courantes, et vivant ses tous derniers jours à la Kasbah. Ce qui le prédispose aux missions en l’occurrence à caractère davantage symbolique et honorifique que déterminantes pour la politique étrangère du pays. 

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