Tunisie.Affaire CTN : Le ferry Carthage brièvement saisi à Marseille

Une saisie considérée comme "un chantage" par les passagers indignés de cette "piraterie"

Un ferry appartenant à la Compagnie tunisienne de navigation (Cotunav / CTN), le « Carthage », a été momentanément réquisitionné dans le port de Marseille, a-t-on appris dans la nuit de mercredi à jeudi 11 octobre. Transportant près de 500 passagers à bord, le ferry n’est pas parti à 16h00 comme prévu, de Marseille vers Tunis, saisi de force, en représailles, par l’armateur chypriote du porte-conteneurs CSL Virginia. L’incident est-il clos pour autant ? Explications. 

Images sous-marines de la Marine nationale française

Dans une déclaration aux médias nationaux, le directeur central chargé du transport des voyageurs et des marchandises au sein de la CTN, Noureddine Cheibi, a affirmé que « l’armateur grec a obtenu, hier 10 octobre, du tribunal de commerce de Marseille, un jugement expéditif stipulant le payement d’une amende astronomique ».

Une lettre de garantie du P&I Club de la CTN a néanmoins permis de débloquer une situation bien houleuse, les avocats de la CTN à pied d’œuvre ayant pu obtenir une levée rapide du Carthage, au moment où l’opinion publique tunisienne s’indignait d’apprendre « l’humiliante » saisie du fleuron de la compagnie maritime nationale.

Colère des passagers bloqué pendant 6 longues heures

Le car-ferry Carthage quittera finalement le port de Marseille à 21h00 heure de Tunis, à destination de la Tunisie après, appareillé avoir été bloqué pendant quasiment six heures par l’armateur grec du porte-conteneurs de Cyprus sea-lines (CSL Virginia) percuté pour rappel dimanche 7 octobre au cap Corse dans les eaux territoriales françaises par un autre bateau tunisien, le navire roulier Ulysse, sans faire de blessés, mais causant une importante fuite de fioul constatée par la préfecture maritime de Toulon.

« La commission de gestion des crises relevant de la CTN a pu négocier avec l’armateur grec et les compagnies d’assurance par l’intermédiaire des avocats des deux parties », explique la même source.

Les parties concernées sont parvenues à un accord stipulant le départ du car-ferry Carthage « sans payer d’amende » après l’engagement pris par les compagnies d’assurance de payer le prix demandé, a-t-on également appris.

La météo s’en mêle

S’agissant de la situation en mer corse, la météo moins favorable pourrait commencer à poser des difficultés aux deux navires encastrés. Un phénomène d’éperon pourrait mettre en difficulté la flottabilité de l’Ulysse dont on voit, sur les images sous-marines de la Marine nationale française rapportées par le site marin.fr (vidéo ci-dessus), l’étendue de l’enfoncement dans le flanc du CSL Virginia.

Les autorités françaises ont engagé une enquête confiée, sous l’autorité du procureur de la République de Marseille, aux gendarmes maritimes suite à la pollution provoquée par l’accident mais ne sont pas compétentes pour la collision en tant que telle, survenue dans les eaux internationales.

Il appartient désormais aux États du pavillon, en l’occurrence la Tunisie et Chypre, de mener l’enquête pour comprendre ce qui s’est passé le 8 octobre au petit matin à la passerelle de l’Ulysse. Le Cross La Garde a été informé que le roulier tunisien naviguait à 19 nœuds juste avant la collision. Une affaire qui embarrasse les autorités maritimes tunisiennes qui communiquent peu, encore avares en commentaires à propos de la sortie de crise.

Lire aussi : Tunisie. Collision en mer : De Rugy dénonce le « comportement anormal du bateau tunisien »

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