Tunisie.Covid-19 : Ce que change le déploiement de l’armée

Au moment où la Tunisie passe la barre des 100 cas déclarés, avec 114 contaminations (dont 75 ont été « importées » et 39 contaminations locales), la présidence de la République annonce que Kais Saïed a ordonné à l’armée nationale de se déployer sur l’ensemble du territoire pour venir en aide aux forces de l’ordre qui œuvrent à faire respecter le confinement total depuis dimanche dernier. Une mesure plutôt bien reçue par les Tunisiens qui entretiennent des rapports historiquement privilégiés avec leur armée.

 

Le ministère de la Défense nationale annonce ainsi aujourd’hui mardi que pas moins de 300 patrouilles militaires ont été déployées en 24 heures, précisant qu’elles seront doublées dans les prochaines heures, avec l’adjonction de patrouilles aériennes dans les gouvernorats du Grand-Tunis, Bizerte, Sfax, Gabès et dans les régions de Ben Guerdane et de Djerba, où des hélicoptères ont été observés, survolant les zones les plus à risque.

Le commandant Mohamed Zekri, porte-parole du département de la Défense, explique que ces patrouilles conjointes seront déployées dans la plupart des régions, à l’exception de quelques régions rurales où seules des patrouilles militaires seront déployées.

Sur le plan judiciaire, le porte-parole du tribunal de première instance de Nabeul, Karim Boulila, a déclaré que 8 personnes interpellées lundi ont écopé d’une peine de prison ferme pour avoir enfreint le couvre-feu en vigueur. Ayant des antécédents, ils ont été condamnés à une peine de deux ans de prison chacun.

L’armée nationale se déploie cependant moins dans un esprit répressif que préventif et logistique, Saïed lui-même ayant rendu hommage dès son investiture fin 2019 au rôle de l’armée tunisienne lors de la révolution de janvier 2011, un rôle de neutralité et d’arbitrage, en conformité avec sa réputation de « grande muette » dans le contexte tunisien.   

La très discrète démission du général Mohamed Salah Hamdi

Conseiller militaire du président Kais Saïed, Mohamed Salah Hamdi, originaire de Sidi Bouzid, avait été nommé le 7 novembre 2019 au poste de secrétaire du Conseil national de la sûreté, une nomination en forme de réhabilitation pour ce haut officier mal aimé de l’ancien pouvoir sebsiste.

Pourtant, le général et ancien chef d'état-major de l'Armée de terre entre 2013 et 2014 vient une fois de plus de présenter sa démission, a révélé dans un premier temps le 21 mars le journal et Array El Jadid, une information confirmée par la suite par une autre source, à Carthage cette fois, sans que l’on puisse savoir si ce départ a été sollicité ou non par la présidence, ou s’il est en lien avec des désaccords sur le déploiement relatif au covid-19, ou encore la décision du couvre-feu concomitante de ladite démission.   

Intervenant à un moment délicat pour la chaîne de commandement, cette démission de plus, après celle de deux membres de la garde rapprochée de Saïed, y compris son bras droit Abderraouf Bettbaieb en février dernier, pose la question de la difficulté apparente à composer avec le nouveau et encore mystérieux régent de Carthage dont certains décrivent les coups de sang en privé qui contrastent avec son image de sérénité en public.     

 

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