Tunisie. Le député français Habib Meyer appelle à boycotter la Tunisie

Le député Habib Meyer (UDI) a appelé jeudi au boycott touristique de la Tunisie après l'ouverture d'une enquête sur un joueur franco-israélien à la demande du président tunisien Kaïs Saïed. « La Tunisie érige la haine d’Israël en politique d’État, boycotte un sportif franco-israélien - allez-vous continuer à vous y rendre et cautionner ?! », a-t-il publié sur son compte Facebook.

Sur une publication mise en ligne le 5 février (inaccessible depuis la Tunisie sans un proxy ; voir captures d’écran), le député français Habib Meyer s’en prend violemment à la Tunisie en raison de la récente polémique sur la participation d’un joueur franco-israélien à un tournoi de tennis qui s’est tenu à Tunis. L’élu s’est emporté après l’annonce de l’ouverture d’une enquête concernant la venue de ce joueur.

« Le très antisioniste président tunisien Kaïs Saïed a demandé l’ouverture d’une enquête sur la participation d’un tennisman franco-israélien, Aaaron Cohen, au tournoi international junior, qui se déroule à El-Menzah (Tunis) », écrit le député.

« Alors que l’Égypte et la Jordanie ont conclu des accords de paix, que l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn ou le Maroc ont engagé une normalisation des relations avec Israël, la Tunisie s’enfonce dans la haine obsessionnelle et suit les traces de l’Iran », poursuit-il dans sa diatribe.

Peu après ce tournoi junior, une autre polémique similaire, non citée dans la publication, a agité les milieux sportifs tunisiens. Le ministère tunisien des Affaires étrangères a condamné la participation de l'équipe tunisienne de tennis à la Fed Cup, où elle était opposée à l'équipe israélienne.

Lire aussi : Fed Cup : Polémique après le match Tunisie – Israël

« Un des boucliers d’Israël »

« N’ont-ils vraiment rien de mieux à faire dans un pays miné par le djihadisme, la crise économique, la colère sociale ? À moins que c’en soit la raison, Israël – comme hier le Juif – faisant office de bouc émissaire ! » M. Meyer s’est en effet fait une spécialité de brandir l’argument de l’antisémitisme chaque fois que la politique israélienne d’occupation est critiquée.

Il est d’ailleurs l’un des plus fervents soutiens à la proposition d’Emmanuel Macron de considérer l'antisionisme comme une des formes modernes d'antisémitisme. « Pour reprendre les termes du Président de la République, l’antisionisme est un antisémitisme. C’est pourquoi, quel que puisse notre attachement sentimental, affectif, voire familial à la Tunisie, on ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était », ajoute le député.

Il propose donc de « cesser provisoirement de se rendre dans un pays qui a érigé la discrimination, la haine d’Israël et l’antisémitisme en politique d’État » en citant notamment le pèlerinage de la Ghriba et en concluant par un appel à « boycotter les boycotteurs ».

Bien qu’élu de la République française, le parlementaire s’est toujours vanté de défendre les intérêts israéliens chaque fois qu’il le pouvait. Élu pour représenter les Français d’Europe du Sud, très majoritairement établis en Israël, Habib Meyer avait même fait sa campagne en se présentant comme « un des boucliers d’Israël à l’Assemblée nationale » à Paris.

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