Tunisie.Plusieurs morts dans l’attaque terroriste d’un poste frontalier

Des terroristes ont ouvert le feu sur une patrouille de la Garde nationale de Ghardimaou dans le gouvernorat de Jendouba ce dimanche 8 juillet 2018 à la mi-journée, faisant plusieurs victimes dans les rangs des agents. Un bilan provisoire fait état d’une dizaine de morts.

Selon des informations préliminaires, un premier véhicule tout-terrain de la Garde nationale a été la cible d’une grenade. Le second véhicule a été victime du même guet-apens, étant cette fois mitraillé par les éléments terroristes. Plusieurs agents ont été transportés aux urgences de l’hôpital régional de Jendouba, trois sont grièvement blessés.

L'un des deux véhicules de la Garde nationale a en outre été saisi, avec les armes qu'il contient, par les terroristes. Le véhicule en question a ensuite été retrouvé, sans les armes. "Une humiliation pour l'Etat" a considéré l'avocat Nizar Ayed.

Photos des six victimes confirmées

Lourd bilan

Six à huit agents et officiers de la Garde nationale ont succombé à leurs blessures d'après plusieurs sources du ministère de l’Intérieur qui avaient dans un premier temps rapporté une possible attaque suicide. Un échange de coups de feu a eu lieu durant de longues minutes après l’attentat entre les agents et officiers encore en vie et les terroristes, dans cette zone forestière et aride de Djebal Ouergha au nord-ouest du pays, plus précisément à Aïn Soltane, à la frontière tuniso-algérienne. Le groupe terroriste auteur de l'attaque serait présent dans la région depuis 2012.

La Tunisie était épargnée depuis novembre 2015, date de la dernière attaque suicide sur un bus de la Garde présidentielle, d’une attaque djihadiste de cette ampleur. Cette dernière attaque intervient en pleine saison touristique, constitue un échec des renseignements locaux, au moment où la Tunisie s’apprête à accueillir un important contingent de touristes algériens. Nous y reviendrons.

Jeribi : "Nous vengerons nos soldats !"

"Le terrorisme n'a pas d'avenir en Tunisie et quoi qu'il en coûte, nous éradiquerons ce fléau" a promis le ministre de l'Intérieur par intérim, Ghazi Jeribi, dans une déclaration accordée à la télévision nationale, dans un contexte où la vanace au poste de ministre de l'Intérieur fait d'autant  plus polémique à la suite du sanglant attentat. 

Déterminé, le ministre par intérim a néanmoins souligné que "le moral des forces sécuritaires est intact" et que "dans cette guerre contre le terrorisme, tous sont conscients du risque et mènent avec bravoure leur mission".

"Nous les traquerons, nous les poursuivrons jusque dans leurs trous et nous vengerons nos martyrs!" a-t-il juré. Depuis le limogeage spectaculaire le mois dernier du ministre de l'Intérieur Lotfi Brahem, également ancien chef de la Garde nationale, c'est Jeribi, ministre de la Justice, qui cummule aussi l'Intérieur jusqu'au vote de la confiance à un nouveau ministre de l'Intérieur lors d'un hypothétique remaniement qui tarde à venir. Dans l'après midi de dimanche, il a été reçu par des "dégage" par les familles des victimes lors de son déplacement sur place.

Le gouvernement Chahed ne peut plus désormais se prévaloir d'avoir sanctuarisé une Tunisie sans terrorisme.

MAJ : L'identité du chef de patrouille a été dévoilée par les autorités sanitaires, il s'agit du premier-lieutenant Hatem Ben Sebti Mallat, originaire de la ville de Kairouan, ainsi que l'identité de cinq autres agents : Anis Ouerghi - 25 ans de Rades, Arbi Guizani - 28 ans de Cité Ettadhamen (Tunis), Hamza Dallali - 28 ans de Bizerte, Houssem Khelifa - 27 ans de Kelibia, et Achraf Cherni - 27 ans de Tajerouine.
 

MAJ : Dans la nuit de dimanche à lundi, le groupe djihadiste Okba Inb Nafii a revendiqué l'attaque.

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