Un nouveau parquet en France contre les trafics de drogue

 Un nouveau parquet en France contre les trafics de drogue

Vanessa Perree, première procureure nationale du Pnaco, nouveau parquet français contre la criminalité organisée, pose à Paris. Photo :STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Dans la guerre au narcotrafic déclarée par les autorités, une unité particulière se mobilise à partir d’aujourd’hui au tribunal de Paris : le « Pnaco ».

 

Le Parquet national de lutte contre la criminalité organisée devra lutter contre des trafiquants qui recrutent sur les réseaux sociaux des mineurs de plus en plus jeunes. En 2024, un chauffeur VTC, Nessim Ramdane, a été tué à Marseille. Le suspect, bientôt jugé, avait 14 ans.

La loi narcotrafic, promulguée en juin, crée le Pnaco et donne de nouveaux outils aux enquêteurs, comme un « dossier coffre » — c’est-à-dire un procès-verbal distinct pour ne pas divulguer certaines techniques d’enquête aux mis en cause — ou encore la possibilité d’activer à distance un téléphone pour procéder à des écoutes.

Ces moyens inquiètent de nombreux avocats, qui anticipent des atteintes aux droits de la défense.

Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée

À son premier jour, le Pnaco hérite de 170 dossiers en cours : narcotrafic, filières d’immigration clandestine, traite d’êtres humains, proxénétisme, vols à main armée…

Sur son bureau également les investigations sur l’évasion en 2024 du trafiquant Mohamed Amra, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires, celles sur le naufrage mortel de 31 migrants dans la Manche en 2021, ou sur une série d’enlèvements en 2025 liés aux cryptomonnaies.

Ces affaires étaient jusque-là dirigées par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée, créée en 2019 avec, déjà, l’ambition d’endiguer cette criminalité.

Seize magistrats

Avec cette réforme, le Pnaco bénéficie d’une collaboration renforcée avec les parquets locaux, et d’une force de frappe augmentée avec seize magistrats, dont six spécialisés en criminalité organisée « classique » et six en financier.

Dix supplémentaires arriveront en septembre. Sur chaque dossier, il y aura un binôme de procureurs, épaulé d’assistants spécialisés, pour pister le produit stupéfiant mais aussi l’argent, avec une enquête patrimoniale poussée.

Le narcotrafic pèserait aujourd’hui six milliards d’euros en France, d’où l’importance d’une coopération accrue avec des pays où résident des narcotrafiquants. En 2025, les Émirats arabes unis ont extradé 17 mis en cause vers la France.

Le Pnaco relève aussi la nécessité d’une coopération avec les pays du Maghreb.