France.Le syndicat des avocats de France condamne l'incarcération de Salah Hamouri en Israël

Il y a quelques jours, ici même dans nos colonnes (voir notre article), Alexandre Braud, avocat au barreau de Béthune, se plaignait de l'absence de positionnement de son syndicat, le SAF (Syndicat des Avocats de France) à propos du sort de l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, emprisonné arbitrairement en Israël depuis le 23 août 2017. 

"Pour justifier leur silence, les responsables du syndicat m'avaient  répondu qu'au moment de son arrestation, Salah Hamouri n'était avocat que depuis trois jours et que le syndicat ne défend que les confrères qui sont arrêtés dans l'exercice de leurs fonctions", se souvient Alexandre Braud. Quelques jours après, le discours du SAF a radicalement changé.  

Ce vendredi 22 septembre, par la main de son président Bernard Couderc, le syndicat des avocats de France a envoyé une lettre à Emmanuel Macron, lui demandant "d'œuvrer  pour que la France fasse libérer l’un des siens, avocat injustement soumis à l’arbitraire d’un pouvoir aveugle et sourd". 

"J’ai l’honneur de vous saisir du cas de monsieur Salah Hamouri, dont vous connaissez sans doute la situation. Je rappelle que Salah Hamouri est un français de 32 ans, marié à une française, il est père de famille. Il est chercheur terrain pour Addameer Prisoner Support and Human Rights Association (Addameer). Il est aussi est avocat", commence le président du SAF dans sa lettre. 

"Il est actuellement détenu sans motif, dans des cadres juridiques successifs iniques. Après que monsieur Hamouri ait été contraint d’exécuter un complément d’une peine déjà purgée, un tribunal a finalement ordonné sa mise en liberté. Insupportable pour le pouvoir israélien. Il a ainsi été arrêté par la police israélienne, à son domicile de Jérusalem-Est, le 23 août dernier. Ce lundi 18 septembre, un tribunal de district de Jérusalem a confirmé son maintien en « détention administrative », pour une durée de six mois, sans inculpation, ni jugement", a rappelé encore Bernard Couderc. 

"Aucun chef d’accusation n’a été notifié à cet homme et il n’y a donc aucune défense possible. Hormis la vôtre, monsieur le Président, celle de la France face à un pouvoir qui foule aux pieds les droits les plus élémentaires d’un homme isolé, dans l’indifférence générale. Son épouse n’a plus le droit de le rejoindre en Israël. Il ne suffit pas d’emprisonner un homme abusivement. Il faut encore le séparer de sa famille", conclut le président du syndicat des avocats de France.

Alexandre Braud s'est dit satisfait de la prise de position du SAF. "Merci à ce syndicat d'avoir su s'emparer de la situation de Salah Hamouri pour interpeler Emmanuel Macron. On peut compter sur le SAF, il a été très réactif. Déjà, l'année dernière, ils avaient réagi pour soutenir Me Ripert, l'ancien avocat d'action directe, en proie à une véritable machination de la part des magistrats de Grenoble et suspendu de sa fonction d'avocat injustement". "Je serai présent au prochain Conseil Syndical du SAF le 6 et 7 octobre pour leur expliquer plus en profondeur la situation de Salah Hamouri", conclut l'avocat.

Nadir Dendoune

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